L’hibiscus

Visitez vos zones d’ombre : vers la paix du cœur

par Carole Braéckman

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Nous n’aimons pas éprouver des émotions de rage, de fureur, de ressentiment, de rancoeur, ni de la jalousie ou de l’envie...
Nous préférerions être des êtres plein(e)s d’amour, de douceur, de tendresse...
Et pourtant, nous sommes aussi capables du pire. Le nier, c’est nous nuire ! Oui ! À nous-mêmes !

Vous êtes normal(e) ! même les sages !
La colère n’a pas bonne presse dans notre culture. Alors, la rage ! n’en parlons pas !!
Et qui aime s’avouer râleur/se ? Qui se vante d’éprouver de la rancoeur ? Qui ose se dire jaloux/se ? Je vous convie à lire ou relire le coucou sur la noblesse des émotions.
Nous mettons en avant de nobles sentiments, et stigmatisons les émotions "viles", comme si nous n’avions pas tous et toutes la capacité de haïr ! Je vous rappelle le douloup.
On a voulu vous faire croire que certain(e)s étaient sans émotion ! Et que, si vous étiez "sage", vous le seriez aussi, indemne d’émotion ou de sentiment honteux !
N’importe quoi ! Lâchez tout de suite cette croyance déraisonnable ! Et vous allez vous en porter d’autant mieux !
Visionnez de nouveau la vidéo des trois moines qui, sur l’exemple de la peur, vous valide l’existence d’émotions, même chez les sages !
Lisez aussi le coucou de l’effroyable sage.
Mais oui ! Même les sages ! Même les très sages !


Ça peut faire des dégâts !
Il est évident que notre éducation nous inculque ces idées fausses. Et pour faire plaisir, être aimé(e), en général dès le plus jeune âge, nous refoulons nos colères, serrons les dents sur nos peurs, nos jalousies, taisons nos rancoeurs...
Si bien qu’arrivé(e) à l’âge adulte, il n’est pas rare d’être encore dans cette croyance de l’inconvenance d’éprouver certaines émotions, certains sentiments.
Il est des personnes qui répriment si bien, pour être "comme il faut", qu’elles sont capables de vous jurer leurs grands dieux, et en toute bonne foi !, ne pas ressentir de colère ou autre émotion malgracieuse.
J’en connais même qui ne voulant pas s’avouer leur part d’ombre, serrent les dents sur des épouvantes, qu’elles minimisent et dont elles finissent parfois par croire qu’elles n’ont jamais existé. Et... paient de leur élan vital, voire de leur santé, le prix de ce silence.
Il en est d’autres qui sont persuadées avoir pardonné, mais n’ont pardonné qu’en surface, ne voulant pas aller titiller cette peu noble émotion qu’est la fureur !
Si vous êtes comme anesthésié(e), que vous avez tout pour être heureux/se... mais ne l’êtes pas, si vous avez pardonné mais souffrez encore, si vous sentez que vous pourriez être plus spontané(e), plus joyeux/se... etc. cherchez les émotions peu nobles que vous avez enfouies.
Cherchez-les dans vos histoires de vie... L’écriture libre est une bonne manière d’aller à la pêche. Je vous en parle plus loin. Mais recourez éventuellement à l’aide d’un(e) professionnel(le). Peu importe le biais : ouvrez résolument vos vieux paquets pour débusquer ce qui vous ronge.
Le plus destructeur, ce n’est pas d’éprouver de la haine, mais de la refouler !


Accueillez
Acceptez d’être comme tout le monde, acceptez d’être comme les sages ! (sourire). Admettez d’être blessé(e), soignez votre colère, convenez de votre rancoeur, éprouvez votre envie de vengeance...
Tout cela est tellement humain !
Ce que les sages font probablement mieux que quiconque, et donc peut-être mieux que vous !, c’est d’ouvrir grand leur être à l’émotion qui passe. Ils/elles la voient venir de loin, et ne bloquent rien. Du coup, comme toutes portes et fenêtres sont grandes ouvertes, l’émotion entre et... sort ! Alors que chez le commun des mortel(le)s, elle entre et... s’enkyste, soit parce qu’elle est ressassée, soit le plus souvent, parce qu’elle est ignorée, reléguée, et elle fait alors des ravages sournois !
Ce qui vous sauve, et cette distinction est énorme - et primordiale ! c’est que vous ne passerez pas à l’acte, et vous retiendrez de trucider tel ou telle ! N’est-ce pas ?
Ouf !


Ne (vous) jugez pas
Ce qui vous freine, c’est le jugement, la réprobation que vous portez sur vos mauvaises pensées. Du coup, vous les retenez au lieu de les laisser filer. Faites donc l’essai la prochaine fois : acceptez-les comme normales, faisant partie de la vie, comme la pluie ou le tonnerre, et vous constaterez qu’elles passent comme la pluie !
Très souvent, comme pour l’ego, vous imaginez que vous n’en viendrez jamais à bout, si vous ne luttez pas ! Cela aussi est une croyance ! Vous ne luttez pas contre la grêle, n’est-ce pas ? Enfin, j’en connais qui désapprouvent la pluie ! mais à quoi bon ?! (sourire).
Lorsque vous ne vous aimez pas, sous prétexte de vos zones d’ombre, vous vous déforcez... C’est comme pour le froid, l’hiver. Lorsque vous serrez les dents sur le froid, il vous mènera aux claquements de dents, et tremblements. Si vous cessez de vous opposer et vous laissez submerger, vous aurez chaud. Tentez le coup ! Décidément la bagarre n’est pas bonne pour nous !
Votre colère est là, votre aigreur est présente, votre jalousie vous envahit : acceptez, accueillez, ne jugez pas...
Et... vous découvrirez que cette autorisation a comme dissous l’émotion sordide, le sentiment peu flatteur... Et vous recommencerez dès la prochaine manifestation à ouvrir votre être, et laisser passer...


Vous êtes plus vrai(e) dans l’amour
Spontanément, bien entendu, vous vous préférez dans l’amour, dans la douceur. Toujours. C’est là que vous êtes vous, vous vraiment !
Très souvent, lorsque quelqu’un(e) arrive avec des grognements, des ronchonneries, du fiel dans la bouche ou de l’acidité dans le cœur, je lui dis : "Arrête, ce n’est pas toi ! Cet(te) ennemi(e)-là, considère-là comme un petit maître qui te pousse à grandir, prends du recul par rapport à elle/lui. Ne te laisse pas envahir par cette haine, cette acrimonie, cette suspicion. Tu te nuis à toi-même. Ce n’est pas toi, là !". Et toujours, jusqu’alors (!), mes interlocuteurs/trices ont acquiescé !
Je vais même jusqu’à me demander si nous n’en voulons pas à nos "ennemi(e)s" parce qu’ils/elles nous offrent une occasion de nous détourner de notre vraie nature...
Euh... entre nous, c’est nous qui nous détournons ! Eux/elles ne font que nous proposer de dévier. Finalement, c’est surtout contre nous, souvent, que nous sommes en colère ! Nous qui n’arrivons pas à garder le cap. Réfléchissez-y !


Ecrire pour dénouer
Je vous conseille donc d’écrire pour connecter et désamorcer cette colère, cette rancoeur...
Si vous n’avez pas conscience d’être rongé(e) de l’intérieur, écrivez les événements douloureux de votre vie, et autorisez-vous à vous apitoyer enfin sur vous-même. Au lieu de tout de suite trouver des excuses à vos partenaires. Ne vous en faîtes pas, c’est du provisoire. Juste pour desceller les émotions enfouies !
Il est des "personnes tabous", pour lesquelles nous nous retenons d’éprouver quoi que ce soit de malgracieux : des adultes de référence, des parents... N’hésitez pas à laisser venir, soyez iconoclaste ! Même si vous pensez être injuste. Vous ne constituez pas un tribunal, vous êtes juste en train d’évacuer vos humeurs et suppurations qui vous gangrènent le coeur, et vous empêchent d’être pleinement déployé(e) !
Et si vous débusquez une rage, une rancoeur ou autre, alors, adressez-vous directement à la/au protagoniste de l’épisode qui vous a blessé(e)...
En effet, si vous êtes tout à fait conscient(e) d’éprouver de la hargne, du ressentiment envers quelqu’un(e), rédigez alors carrément une lettre à cette personne.
Sauf que cette lettre, vous ne la posterez jamais. Vous la brûlerez !
Sachant que cette lettre n’a pas de destinataire réel(le), vous allez pouvoir y aller de bon cœur dans l’expression de votre rage ! Et de son corollaire, le chagrin ! Soyez injuste, soyez grandiloquent(e), soyez petit(e), mesquin(e), soyez injurieux/se, mais sortez tout cela !
Autant que vous ne porterez plus sur le cœur !
Et ensuite... je vous suggère de recommencer l’opération... Autant de fois que nécessaire jusqu’à ce que vous sentiez une vraie paix s’installer...
Vous écrivez, vous brûlez... vous écrivez, vous brûlez...
Cela peut vous prendre le temps d’une lettre, ou... des mois, voire des années. Pas grave. L’important est que vous vous délestiez au fur et à mesure...
Et vous allez, de toute façon, dès la première flambée, réaliser que cela vous apaise !


Ça va aller mieux !
Vous constaterez que vous serez de plus en plus rapide à évacuer des moments douloureux, des événements blessants, à laisser se dissoudre envie, jalousie, mordant... Parfois même dès leur apparition !
Vous observerez aussi que cette acceptation de vos zones d’ombre va vous donner une grande mansuétude envers votre entourage !
En effet, sachant que vous n’êtes pas, vous-même, indemne de toute noirceur, vous allez probablement avoir de plus en plus de mal à juger autrui... Vous lui accorderez qu’il/elle fait vraisemblablement, comme vous ! : du mieux qu’il/elle peut !
Et qui sait si à l’occasion de cette plongée dans vos zones d’ombre, vous n’allez pas comprendre certains de vos agacements, voire colères, envers autrui. Je vous invite à en profiter pour lire ou relire Pardonnez-vous les bêtises et les défauts de votre entourage !

Ce qui, d’ailleurs, nous pousse probablement à considérer les "méchant(e)s" et à les juger, comme extérieur(e)s à nous, c’est qu’ils/elles nous renvoient précisément à cette part d’ombre contre laquelle nous guerroyions (jusqu’alors !) de toute notre âme, tant elle nous déstabilise et nous fait peur.
Le jugement sépare, tient à distance. Admettez que personne n’est indemne, pas même les sages !, et, à votre niveau, vous participerez à la paix et à la douceur du monde.



Car, finalement, en acceptant de ne pas être si bien que cela (sourire !), vous allez considérablement vous amender !
Parce que vous avez aussi cette formidable puissance d’amour ! et que, cessant de lutter contre les intempestives manifestations de vos zones d’ombre, vous allez gagner une énergie colossale, que vous pourrez mettre au service de la joie, de la tendresse, et de la vie !



© Carole Braéckman – www.lhibiscus.fr - septembre 2013


Quelques textes pour vous accompagner dans le déballage :
. Pour, sous la colère, accéder à votre éventuelle déception, votre chagrin... les colères d’amour.
. Pour déceler les émotions qui vous appartiennent de celles pour lesquelles vous résonnez.
. Pour ne vous tromper ni de colère, ni d’adversaire, Votre colère contre Machin(e), est-ce bien de la colère ? est-ce bien votre colère ? et concerne-t-elle bien Machin(e) ? et vous poser quelques questions pertinentes...
. Sur votre tentation d’être parfait(e)s : Et tant pis pour la perfection ou sensiblement la même en vidéo.
. Sur l’accueil de la vie, et la nécessité de l’accueillir et la chérir : Les dénouements.








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