L’hibiscus

Une femme à un arrêt de bus : Coucou n°432 du 19 juin 2019

par Carole Braéckman

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Coucou vous,
j’ai croisé récemment une dame à un arrêt de bus. Une vieille femme en djellaba.
J’ai bu son beau visage souriant, marqué par les ans, et les rayures de la vie.
Elle ne parlait pas bien Français, mais nous avons réussi à nous comprendre. Elle venait du désert algérien. Le magnifique et rude désert algérien.
Je me suis surprise à lui obéir - moi, la rebelle (sourire) - quand d’un geste, elle m’a intimé l’ordre de m’asseoir en face d’elle dans le bus. Une autorité naturelle.
De cette femme, je retiens l’énergie, la houle disciplinée, les aspérités rabotées, la bonhomie (bonne-femie, ça n’existe pas que je sache ? sourire), la rondeur, les yeux pétillants. La beauté singulière.

Je me faisais la réflexion qu’à aucun moment, je n’ai compté ses rides. Et pourtant, elle était évidemment ridée, flétrie.
Ce qui m’importait, c’était la vie inscrite sur ses traits, et ce qu’elle en avait tissé, comment elle s’était dégauchie, polie, combien elle était rayonnante, et inspirait confiance et paix. Et ... obéissance (sourire).

Je vous suggère ce regard bienveillant sur vos visages mûrissants. - Enfin si vous en êtes là ! - Inutile de surveiller les relâchements, les dégradations, les craquelures, les pattes d’oie... Guettez les traces d’humanité, de bonté et d’accueil...
Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu plus avant de renvoyer les images disait Jean Cocteau.
Il me semble cependant que les miroirs ne sont pas à incriminer : nous en avons pour notre attente. Cherchez les signes du déclin, et vous les trouverez ! _ - Ben, vi, nous en sommes tous et toutes là !
Mettez-vous au contraire en quête d’indices de douceur, de sagesse... et vous les dénicherez.
Vous pouvez vous entraîner sur votre entourage ! L’indulgence est souvent plus facile envers les autres... n’est-ce pas ?
Enfin... il est des visages fermés butés crispés... - Ceux qui ont le plus besoin de recevoir une rasade d’amour compatissant...

Bon, je vous laisse scruter votre miroir, joli miroir...
dis-moi si je suis assez gentil-le... (rire).

Je vous propose de (re)lire un autre texte sur les visages.
Et vous souhaite une journée sourire.
Carole.


© Carole Braéckman – www.lhibiscus.fr – juin 2019








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