L’hibiscus

Un loir binaire + la présence du baobab : Coucou n° 191 du 26 juin 2012

par Carole Braéckman

Version imprimable de cet article Version imprimable     envoyer l'article par mail Envoyer par mail

Une présence en conscience, dire non, un vrai Non, s’affirmer en puissance tranquille...

Et de nouveau une réhabilitation des dodues !

Coucou !
mon loir - ou son cousin ! - est revenu ! après près de deux mois sans nouvelle ! De ce que j’ai entendu autour de moi, ce silence est incongru de la part de cet effronté !
Il m’a donné l’occasion de comprendre pourquoi ça ne fonctionne pas toujours dans les communications animales !
J’ai commencé à lui faire un long discours avec des "si" et des "quand"... Et... il n’a rien compris !! Alors, je suis revenue aux phrases basiques, aux injonctions simples : Non ! Va-t-en ! Et il est parti ! Alors, le conditionnel, ce n’est pas la peine, car déjà le futur, il ne le comprend pas !! Pas de subordonnée, pas de fioriture, mais un brin d’emphase, pourquoi pas !!

Et une vraie présence. De la conviction !
Pour vous faire comprendre ce que je veux dire, j’ai envie de vous citer Alexander Mccall Smith dans En charmante compagnie.
Mma Ramotswe dirige l’Agence n° 1 des Dames détectives au Botswana, et elle élucubre sur les constitutions traditionnelles. Vous vous souvenez qu’en Afrique, les dames un peu copieuses représentent la norme et le chic incomparable ? Je vous le racontais dans un coucou de réhabilitation des dodues.


Elle scruta le jardin et la nuit. Il faisait doux et la lune presque pleine lançait des ombres sous l’acacia, le mopipi et les arbustes qui n’avaient pas de nom. Mma Ramotswe aimait se promener dans son jardin la nuit, en prenant soin d’avancer avec lenteur et d’un pas ferme. Ceux qui se faufilaient sans bruit dans l’obscurité couraient le risque de marcher sur un serpent, car les reptiles ne fuient que s’ils sentent le sol vibrer. Une personne légère - une personne qui n’était pas de constitution traditionnelle, par exemple - risquaient bien plus de se faire mordre par un serpent pour cette raison même. C’était là un argument supplémentaire, bien sûr, en faveur de la constitution traditionnelle : le problème des serpents et de la sécurité.
Mma Ramotswe avait pleine conscience des difficultés que rencontraient désormais les personnes de constitution traditionnelle, surtout les femmes. On avait connu au Botswana un temps où personne ne prêtait attention aux gens minces. Parfois, on ne les voyait même pas du tout, puisque le regard pouvait facilement passer à côté. Quand une personne mince se tenait devant un paysage constitué d’herbe et d’acacias, ne se fondait-elle pas dans le décor et ne pouvait-on pas la prendre pour un morceau de bois, ou même une ombre ? Les individus de constitution traditionnelle ne couraient pas ce danger : ils se détachaient dans le décor avec la même distinction et la même autorité que les baobabs.

Voilà, c’est un peu ça : la présence, la solidité, la force tranquille du baobab...

A tout bientôt ! Belle journée à vous ! Soleil et force dans vos coeurs !
Carole.


© Carole Braéckman – www.lhibiscus.fr – juin 2012








Coucou Vous ! 111 billets d’humeur jolie

Des graines d’humour à suçoter pour laisser la sagesse grandir en nous, presque à notre insu, et redonner au monde des couleurs poétiques et des valeurs humaines.
De petites vitamines épicées :-) à butiner au hasard.

 

Coucou Vous ! 111 billets d’humeur jolie

Des graines d’humour à suçoter pour laisser la sagesse grandir en nous, presque à notre insu, et redonner au monde des couleurs poétiques et des valeurs humaines.
De petites vitamines épicées :-) à butiner au hasard.