L’hibiscus

Tragédien(ne) ! Mais quelle histoire !!

par Carole Braéckman

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Se gâcher la vie, en se la racontant désastreuse... Une autre façon de s’éviter, de se fuir ?
Votre vraie vie est ailleurs, là, tout près ! qui ne demande qu’à se dévoiler ! se révéler à vous ! pour votre plus grand bonheur !

Nous avons, pour la plupart, de sacrés talents de scénaristes !
Et généralement, surtout dans nos moments maussades... ce ne sont pas de très jolies histoires que nous élaborons. Nos scénarios sont moroses, voire désastreux...
Personne ne nous aime, l’avenir est épouvantable, nous n’avons que des malheurs, et rien, absolument rien de souriant ne peut nous arriver, bien sûr...
Je vous ai déjà suggéré de faire taire le mental

Je voudrais attirer votre attention sur la dimension, comment dire... ? aggravée de cette faculté.
En effet, certaines personnes, des femmes en particulier, mais pas uniquement, ont un impérieux besoin de penser vivre des tragédies pour se sentir exister. Elles sautent sur la moindre occasion de monter en horreur des faits insignifiants, elles les teintent de drame, et se prennent en pitié...
Un exemple : un(e) ado s’agace, et immédiatement, l’adulte en face considère que tout est fini ! L’ado est en perdition, il/elle va mal tourner, il/elle est en rejet total... et... définitif... Il/elle va rater sa vie, tomber dans de très mauvaises fréquentations (déjà que ses fréquentations actuelles !...), peut-être, que dis-je peut-être, assurément, sombrer dans la drogue... Etc... Et plus jamais, ja-mais, une relation saine ne sera possible !
Vous savez bien, si vous êtes un(e) bon(ne) tragédien(ne), que je n’exagère même pas ! Le moindre froncement de nez d’un(e) ami(e), d’un(e) collègue, est interprété au tragique... Aujourd’hui, il a eu un bonjour plus sec que d’habitude ! Ça cache quelque chose !
Quand un sujet est épuisé, un autre est immédiatement convoqué ! Et il peut même arriver que des tragédien(ne)s empruntent à une personne de leur entourage, le nouveau thème de la tragédie, s’appropriant un pan de leur histoire pour le broder en mode sinistre... afin de réintroduire la sombre passion dans leur vie ! Sans ce pathos, ils/elles ne se sentent pas exister...

Je ne jette la pierre à personne. J’ai moi-même été une fameuse tragédienne pendant des années ! Je me suis inventé bien des films, dont j’étais évidemment la pathétique héroïne, il va de soi ! J’aurais fait un film, mon mélo vous aurait tiré des larmes, sûr de chez sûr !
Un jour, j’ai réalisé ! avec un brin de stupéfaction je dois dire, que je ne vivais pas dans ma vie, mais dans mon épopée apocalyptique, totalement onirique ! Ce jour-là, j’ai loyalement compté "les plus" de ma vie réelle, et finalement, cela n’allait pas si mal. Les dysfonctionnements émanaient uniquement de mes élucubrations catastrophes...
Et... j’ai bien discerné - ce qui m’a le plus estomaquée - que j’agitais mes extravagants scénarios, afin de me dissimuler le vide de ma vie...
Je le soupçonnais vaguement ce vide, il me terrorisait... et... me poussait à fuir de plus belle dans mon émouvant feuilleton.
Car à la réflexion, il s’agissait clairement d’une fuite : je portais un masque, voire des masques, j’étais dans une vie qui ne me correspondait pas, j’avais peur de rester seule (comprenez sans mes rôles factices de tragédienne !), peur d’affronter ma vie... Enfin, affronter est le terme que j’utilisais à l’époque... En fait, il convenait juste de me laisser couler dans ma vie... je ne le savais pas encore !
Et alors, tout a volé en éclats !... pour mon plus grand bonheur ! - dans le plein sens de cette expression ! J’ai du jour au lendemain abandonné mes prétentions de scénariste de séries ronflantes, cessé de croire que j’allais trouver à l’extérieur de moi les racines de la paix et de la joie... Et j’ai commencé ma quête avec le plus d’honnêteté possible...

Il va de soi que renoncer à vivre dans l’emphase des projecteurs imaginaires ne se fait pas du jour au lendemain... et que de nombreuses rechutes sont prévisibles... Rappelez-vous Trois pas en avant, trois pas en arrière... Mais soyez plein(e) d’indulgence envers vous-même. Acceptez que quitter le halo des sunlights pour se découvrir simple mortel(le), à la vie somme toute "banale", peut être déconcertant... dans un premier temps. Mais admettez aussi que c’est la seule façon de cheminer vers votre authenticité, votre unicité, votre vrai vous... et pressentez que vos découvertes à venir vont vous stupéfier... C’est vers votre joie que vous avancez ! Et ma foi... !
Mes vœux vous accompagnent.


© Carole Braéckman – www.lhibiscus.fr – mai 2014


Sur le même thème, vous pouvez aussi lire : C’est votre vie
Pour aider les tragédien(ne)s à quitter le fil de leurs scénarios, aidez-les à dérailler.
et sur la façon de percevoir sa vie, Accueillir, remercier.
et "d’affronter" (sic) ce sentiment de vide.








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