L’hibiscus

S’agripper ou lâcher prise ? : Comment ne pas rater sa vie...

par Carole Braéckman

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Souvent, nous retenons des images négatives, des pensées erronées, des comportements improductifs voire défavorables... par peur d’être nous !

Il est de nombreuses fois où j’ai vraiment l’impression que nous nous accrochons à des points de vue incorrects, nous les agrippons, juste pour ne pas avoir à nous regarder en face et retrousser nos manches pour être plus près de nous.

Quelques exemples :
Telle qui s’accroche à son chagrin d’amour, et se déclare la plus malheureuse de toutes les femmes de la création, parce qu’elle "l’aiiime !"
Ne vous méprenez pas, j’ai le plus grand respect pour les chagrins d’amour, mais parfois, et vous le savez bien, nous nous cramponnons à un chagrin d’amour, - ou autre - pour ne pas affronter le vide de notre vie. Alors que cela pourrait être une formidable occasion d’aller voir dans "nos vieux dossiers" pourquoi une rupture nous fait aussi mal !

Telle autre se reproche encore et encore d’avoir placé sa mère en établissement spécialisé, alors qu’elle n’avait objectivement aucun autre choix. La culpabilité qu’elle ressasse lui permet d’éviter le chagrin épouvantable ressenti à l’approche imminente de la mort d’un(e) proche.
Un autre encore, dans le même scénario, fuit à travers la culpabilité remâchée, le terrible constat d’échec : jamais il n’aura osé parler vrai à son père, jamais la relation n’aura été authentique...

Tel enfin ne décolère pas contre les médecins, la médecine, le destin, le sort... qui lui ont pris sa femme. Un deuil est une véritable épreuve dans la vie. Et la colère en constitue une phase normale. C’est rester sempiternellement dans cette émotion, s’y accrocher, qui devient malsain : encore une façon de se mettre à l’abri du chagrin...


Y compris, dans notre quotidien, nous trouvons à nous échapper de notre vraie vie !

Telle, par exemple, est toujours à l’affût du faux-pas du collègue ou de la voisine, et du coup, ne balaie pas devant sa porte.
J’ai une amie merveilleuse : à chaque fois que nous nous heurtons, je plonge dans les aspects de mon caractère ou de mon comportement, pour déceler en quoi, je peux m’amender. Et elle fait de même ! Elle plonge dans les aspects de mon caractère et de mon comportement... Et néglige l’opportunité de grandir elle aussi. Ah bon ! vous vous reconnaissez ? (sourire)
Notez que je n’ai pas d’amertume envers cette amie, car je me doute bien, qu’un jour - tout comme moi, il y a quelque vingt ans - elle en aura marre d’elle-même, et se plongera avec délice, dans la moindre anfractuosité de sa vie pour avancer, et devenir plus sereine ! A chacun(e) son rythme !
Attention, je ne recommande toujours pas de rester dans une relation malsaine ou de se sacrifier par abnégation... Non et non. Chacun(e) a droit au meilleur !

Tel autre rumine avec une belle ardeur un mot d’esprit dont il a fait les frais. Au lieu de laisser là, le brillant persifleur, qui est peut-être lui-même avec sa causticité en train de se fuir... n’est-ce pas ?

Tel autre se martèle avec une belle régularité, qu’il n’a pas la carrure pour... l’envergure pour... et ne tente même pas de se prouver le contraire.
Or, comme l’énonce si clairement Robin S. Sharma : "On ne peut pas gagner à un jeu auquel on ne joue pas", spa ?
Et combien d’autres - des femmes, en général, mais pas que ! - s’agriffent à la croyance que seules, elles sont incapables d’être heureuses, et se dessèchent sur pied, en attendant l’âme soeur....

Les tragédien(ne)s aussi oeuvrent de tout leur coeur à s’échapper à eux/elles-mêmes ! ils/elles sont dans leurs scénarios catastrophes, et bien sûr, pas dans leur vie !

Et évidemment, je ne vous parle pas des comportements addictifs : nourriture, jeux vidéos, alcool, etc. dont vous savez bien qu’ils vous permettent d’esquiver votre sentiment de vide intérieur. Vous vous noyez, vous gavez, vous abrutissez pour ne pas sentir qu’il serait temps de remplir votre vie ! Et vous le savez bien, sinon, vous n’auriez pas si mauvaise conscience. Je prône résolument l’indulgence !seule manière de vous en sortir.



Alors, prendre conscience de ces divertissements, comme aurait dit Pascal, est déjà un grand pas.
Se mettre en quête des plages de notre vie où nos agrippements sont manifestes pour mieux les déjouer...
euh... ne surtout pas en profiter pour se jeter de la cendre sur la tête, ce qui serait une autre façon de s’éviter, comme vous l’avez compris ! (sourire)
Que fuyons-nous avec une telle constance ? Le chagrin ? pleurons notre saoul ! La peur ? marchons dedans pour être vivant(e)...
Et enfin, s’employer avec ardeur et opiniâtreté à pacifier notre passé, notre enfance, en particulier, afin d’effacer, de réparer ce qui a pu nous dévier de notre chemin, de nous.

Et ça, c’est une autre paire de manches !...
à retrousser, bien sûr !

Confiance ! Évidemment, vous allez y arriver !


© Carole Braéckman - www.lhibiscus.fr - mai 2017



Je vous invite à (re)lire l’article Un vide en moi qui concerne tant et tant d’entre nous.
Et chacun de mes textes, chacun de mes livres est une incitation à se tenir au plus près de soi.
Et rester en urgence de vivre !