L’hibiscus

Responsables, nous sommes (texte)

par Eric Edelmann

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Les interrelations entre les personnes sont beaucoup plus présentes qu’on ne veut bien l’imaginer. Ce qui hisse notre responsabilité à un niveau assez grave ! Une simple omission peut provoquer des catastrophes en chaîne...
Eric Edelmann nous livre une historiette édifiante.

Pour moi, piloter ce scooter, c’était la joie. Je le prenais chaque matin pour aller au monastère, roulant dans la ville silencieuse, profondément endormie, seulement peuplée d’agents de police, de garçons boulangers, de vendeurs de journaux et de noceurs attardés. La première fois, je fus arrêté par des agents de police qui voulaient voir mes papiers. Je ne les avais pas sur moi, mais quand je leur dis que j’était un disciple du maître zen, ils s’inclinèrent avec un bel ensemble et me présentèrent leurs excuses. Par la suite, je les rencontrai régulièrement, eux ou leurs collègues ; ils me saluaient toujours avec un geste militaire très raide et je leur répondais par un courbette innocente.
Le scooter fut pour le supérieur l’occasion de me donner un leçon.
L’étude du koan, commença-t-il, mène à la découverte que tout est lié à tout. Tous les êtres sont liés par des fils invisibles et solides. Celui qui le sait est prudent. Il essaie d’être conscient de ce qu’il fait. Pas toi.
Non ? demandai-je poliment.
Non, dit le supérieur, et il me regarda d’un air mécontent. Je t’ai vu sur ton scooter tourner au coin d’une rue sans faire signe du bras. Un chauffeur de camion qui roulait derrière toi fut surpris, il dut monter légèrement sur le trottoir où une dame avec une poussette prit peur et se cogna contre le directeur d’une grande entreprise qui était déjà de mauvaise humeur, et qui après cet incident licencia un employé qui aurait bien pu rester. Cette nuit-là, l’employé s’est saoulé et a tué un jeune homme qui aurait bien pu devenir un maître zen.
Bien sûr, dis-je.
Peut-être que tu ferais mieux dorénavant d’étendre la main avant de tourner au coin d’une rue dit le supérieur.

Plus on est de sages, plus on rit
Éric Edelmann

Et vous, êtes-vous certain(e) de bien toujours tendre la main ? Vous ferez attention, la prochaine fois ? Promis ?
Personnellement, je m’y engage !


© Carole Braéckman - www.lhibiscus.fr - mars 2014








(Renoncer à) Pardonner
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Élevons-nous : de l’enfance

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