L’hibiscus

Plainte ou consolation ?

par Carole Braéckman

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Lorsque quelqu’un(e) est dans la détresse, il nous arrive de le/la plaindre au lieu de le/la consoler. L’énergie de la plainte n’est pas du tout une énergie aidante, bien au contraire ! Je vous conseille la consolation. Ce qui est tout à fait différent !

Lorsque vous plaignez une personne, vous vous mettez dans une énergie affaiblissante pour chacun(e). Plaindre quelqu’un(e), cela sous-entend, en effet, que vous pensez que ce qui lui arrive est épouvantable, inattendu, et injuste. Et vous entérinez ainsi la rébellion contre l’inéluctable ou l’abattement devant la fatalité. Ce qui ne sert à rien, si ce n‘est alourdir le poids que cette personne ressent déjà. Vous l’aidez à augmenter encore le ressentiment qu’il/elle éprouve déjà contre le sort. Lors d’un événement douloureux, il est tout à fait humain d’être en colère contre le destin, ou, au contraire, prostré(e)s.
Et il en est des événements douloureux. Très douloureux. La mort d’un(e) proche, la rupture amoureuse ou amicale, la perte d’un emploi, la survenue d’une maladie, le vécu de la souffrance ou de la déchéance physique, peuvent saisir et poigner. Et se rebeller est une des façons de tenir debout ! Cependant, si vous, qui accompagnez, confortez la personne dans ce jugement contre le destin, si vous l’encouragez dans cette phase de révolte, vous l’accablez encore davantage ! Tout au moins, vous ne l’aidez pas à en sortir.
Par contre, lorsque vous consolez la même personne, votre attitude est alors amour et compassion, simple présence. Vous ne jugez pas l’évènement qui lui arrive. Vous êtes simplement là, un(e) humain(e) aux côtés d’un(e) autre humain(e), qui manifeste sa solidarité devant la fatalité, et prête son épaule pour aider à épancher son chagrin. Parce que vous savez que chagrins, douleurs, deuils, pertes font partie de la vie, que vous en avez vous-même déjà souffert, et que vous connaissez ainsi l’anéantissement, la fracture, par laquelle on passe dans ces cas-là.
Et votre présence consolatrice peut alors être d’un grand secours.

La plainte tourne en rond. La consolation hisse vers l’acceptation, et l’apaisement.
La plainte appesantit, voire crée, des victimes : en la plaignant, vous engourdissez dans un rôle de victime, la personne sur le sort de laquelle vous vous apitoyez. Mais vous-même également ! en laissant entendre que la vie est injuste. Or la vie n’est pas injuste, elle est naturellement accompagnée, de toute tradition, par la souffrance et la mort. Vous devriez vous imprégner, nous le devrions tous et toutes, de cette idée extrêmement libératoire.
La consolation tend la main à des personnes responsables. En souffrance, certes, mais aussi actrices du reste de leur vie. Il est tant de domaines où nous pouvons décider. Nous pouvons décider de rester figé(e) à un instant T de notre vie, ou d’envisager l’avenir et de recommencer à aimer. Nous pouvons décider que la vie est profondément insoutenable, ou admettre que nous n’avons pas le contrôle sur tout, et avancer hardiment sur ce qui dépend de nous.
La consolation nous place, homme et femme debout, aux côtés d’un être vivant, qui souffre, et que nous pouvons aider à garder sa dignité, en essuyant patiemment, et tendrement ses larmes.




© Carole Braéckman – www.lhibiscus.fr – août 2011

Vous pouvez compléter la lecture de cet article par le texte qui concerne les chagrins et la façon de les pleurer, sans toutefois se laisser engloutir.
S’il y a souffrance amoureuse, je ne peux que vous conseiller la lecture de Rupture amoureuse qui a apaisé tant de coeurs brisés...
Sur la juste écoute, vous pouvez lire le désir d’être entendu(e)...
Et aussi, pour trouver la bonne attitude face à un(e) proche en détresse : se chouchouter, oui, soi-même !








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