L’hibiscus

Mon pont : Coucou n° 222 du 23 février 2013

par Carole Braéckman

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Il est question de phobie, peur du vide, phobie des ponts.
Mais aussi de dépasser ces phobies.
Les maîtres mots étant accueil, acceptation, indulgence... Confiance !
Tout peut changer. Cette conviction peut vous sauver !

Coucou !
Une authentique histoire de phobie. J’y suis votre humble héroïne.
Depuis toute petite, j’ai une peur bleue des ponts. De tous les ponts. Ai-je trop dansé sur le Pont du Nord dans une vie précédente ? (Allusion à l’horrible comptine sur le sort des enfants obstinés.)
Serait-ce le petit pont rond de mon enfance qui surplombait un impétueux ruisseau provençal, et menait à ma première école primaire ? École de ma honte ! cahier avé pâtés d’encre accroché au dos dans la cour de récré. Peuchère !
Toujours est-il que, durant des années, j’ai évité de passer des ponts à pied. Et encore, en voiture, je fermais les yeux !
Et puis, lorsqu’il y a une double décennie, j’ai pris mon chemin, et commencé à pratiquer mes chinoiseries, l’épouvante m’a lâchée. Au point que j’ai même franchi, lors de mon voyage au Népal, il y a deux ans, un nombre incroyable de ponts suspendus, complètement branlants, à l’improbable sécurité, et volant parfois sur des gorges vertigineuses...
Victoire, donc !

Sauf que... récemment installée dans ma campagne, sur le trajet qui me mène à la civilisation, je découvre un classique et solide pont français, à l’armature de fer, sur un bras de rivière toute tranquille, voire paresseuse ! Et au premier passage... j’ai cru mourir !! J’ai retrouvé ma phobie intacte ! Au point qu’une voiture qui arrivait a dû me suivre au pas, car je ne pouvais pas m’approcher du parapet, et je marchais au beau milieu de la chaussée. Les phobiques me comprendront. Les autres, je vous invite à imaginer ! Quitter le centre du pont m’était impossible. Je me sentais défaillir ! comme en transe, et c’est bien parce que sur l’autre rive était l’accès à la survie ( journaux, épicerie, bus vers les villes...) que j’ai progressé, à petits pas éperdus...
Ce jour-là, j’ai effectué le retour en taxi. Je me traite toujours avec la plus grande mansuétude (sourire).

Et puis, j’ai prié. A ma manière. Pour que me lâchent les mémoires négatives liées à cette résurgence.
J’ai depuis traversé moult fois ce pont joli. Les premières étaient hésitantes, prudentes, mudra des reins (sièges de la peur) en main, m’accrochant à la conviction que l’effroi pouvait me quitter... Et surtout, en gardant mon indulgence envers moi-même. Bien sûr, cela n’avait pas d’allure ! ni de bon sens, d’ailleurs ! mais c’était moi, brute de décoffrage, avec mes émois à la noix !
Hier encore, je l’ai emprunté deux fois, ce pont, sans même y penser, si ce n’est pour réfléchir à la façon de vous conter l’histoire. Il m’arrive même de m’y arrêter pour admirer le paysage.
Bref, j’ai traversé l’épreuve ! pas que le pont !

Je voulais vous narrer l’aventure, parce que j’y décèle plusieurs merveilleuses morales :

Dans le domaine des émotions, les yoyos inopinés et obscurs ne sont pas exceptionnels. Donc pas d’alarme si cela vous arrive !
Même les prétendu(e)s fortiches ont des défaillances ! Certain(e)s d’entre vous me jugent intrépide ! ce qui est paradoxalement vrai - aussi !
Accueillir ses faiblesses semble le meilleur moyen de les évacuer.
Tout, absolument tout ! peut passer ! Garder cette foi est sans doute la part primordiale des avancées sur le chemin (ou le pont !)

Allez, je vous souhaite un joli dimanche, en plus de danser sur les ponts ! comme ça ! et puis encore comme ça ! et tous en rond !
J’ai personnellement de la tendresse pour les enfants obstiné(e)s ! je ne m’en cache pas !
Carole.


© Carole Braéckman – www.lhibiscus.fr – février 2013








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