L’hibiscus

Marguerite et le puits d’amour

par Carole Braéckman

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Si l’amour, souvent, était tapi au fond de nous ? attendant notre dénuement (la maladie, la vieillesse...) pour se montrer ?...

Il y a quelques années, j’ai reçu une formation à l’accompagnement aux mourants, et dans ce cadre, j’ai dû réaliser un stage auprès de personnes âgées.
C’est ainsi que j’allais toutes les semaines dans un hospice où j’avais rendez-vous avec Marguerite. Quand Marguerite était en forme, nous nous rendions dans un petit salon.
Une après-midi, où nous venions de nous installer, tout en bavardant avec ma chère Marguerite, j’observais du coin de l’œil, une mère et sa fille, attablées non loin.
La fille, une bonne soixantaine d’années, regardait la télé, tandis que la mère regardait… sa fille. La maman était désorientée. Elle ne semblait pas avoir tous ses esprits. Et cependant, son visage était empreint d’une profonde humanité. Elle dévorait sa fille des yeux, et la couvait d’un regard de total amour ! C’était extrêmement émouvant cette sollicitude gourmande et noyée d’amour fou ! J’en ai attrapé les larmes aux yeux ! Tant d’amour inconditionnel !! Quelle splendeur !
Et pourtant sa fille était ailleurs, et ne jetait pas une prunelle vers sa mère !
A la fin, n’y tenant plus, je me suis approchée de leur table, et ai apostrophé la fille : « Vous avez vu le regard d’amour que votre mère vous porte ? J’en suis toute retournée ! Quel amour elle a pour vous !!
— Hein ! Ah non ! pas ma mère ! Ma mère a toujours été dure. Ma mère n’a jamais eu un compliment pour moi. Toujours des reproches, la main leste ! Je n’ai pas eu une enfance heureuse, moi !
— Et pourtant !!!!
Je veux bien vous croire ! votre enfance fut sans doute difficile, mais regardez comme, maintenant, votre maman vous boit des yeux. Peut-être sa vraie nature s’exprime-t-elle enfin ! alors que la maladie a anéanti ses barricades de protection… En tout cas, vous devriez profiter ! quelle chance d’être regardée ainsi !! »

Et si derrière les airs les plus maussades, les plus rugueux, se cachaient des trésors d’amour !??!

Je souhaite à tous de toucher ces puits d’amour au plus vite… sans attendre la vieillesse ou la maladie !

© Carole Braéckman – www.lhibiscus.fr – septembre 08

Je vous raconte aussi l’histoire en vidéo.








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