L’hibiscus

Le meilleur de l’autre

par Carole Braéckman , Robert Hopcke

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Un texte de Robert Hopcke pour souligner que selon le regard et les attentes portées sur autrui, on peut en "obtenir" des merveilles !

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C’est notamment le cas des méthodes tout à fait conscientes et délibérées qu’employaient jadis les moines chinois de Kuei-yuan pour élire un abbé à la tête de leur communauté. Ainsi que l’ont rapporté Holmes Welch et Robert Aziz, pour ce faire ils tiraient un nom au sort parmi des centaines de candidats ; après la prière et l’exécution du rituel, un des membres les plus âgés pêchait un nom dans un cylindre au moyen de baguettes et l’individu dont le nom sortait trois fois de suite – sur plusieurs centaines, je le rappelle – était désigné de fait. On l’imagine aisément, ce procédé qui prenait un temps fou peut aboutir au choix d’une personne initialement perçue par la communauté comme inadéquate, voire problématique. Mais même si, parfois, c’est un individu universellement considéré comme inférieur qui est choisi, la méthode n’a jamais cessé de fonctionner de manière satisfaisante ; à la grande surprise de la communauté, ces « inférieurs » se sont révélés très capables à leur poste de chef de la communauté, ce qui met en valeur l’élégance du procédé où le hasard absolu, c’est-à-dire dégagé de toute influence – préjugé, envie, malveillance ou ambition personnelle – réussit mieux que n’aurait pu le faire la main de l’homme.

1. Robert Azis, C.G. Jung’s Psychology of Religion and Synchronicity, Albany, NY, State University of New York Press, 1990

Il n’y a pas de hasards : La place des coïncidences dans le roman de notre vie
Robert HOPCKE



J’avoue : je détourne un peu la démonstration de l’auteur, Robert Hopcke, qui, lui, veut souligner que le hasard fait bien les choses - ce que je crois aussi (sourire).
Mais plus encore, dans ce texte, j’aime cette idée que n’importe qui, N’IMPORTE QUI ! peut se révéler merveilleux/se si c’est exactement ce que nous attendons de lui/d’elle !
Cela fait aussi penser à l’expérience de Pygmalion : selon ce qu’on attend des élèves d’une classe, on a toujours les résultats escomptés. J’en parle, évidemment, dans mon livre Elevons-nous : de l’enfance.

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© Carole Braéckman - www.lhibiscus.fr - mai 2017