L’hibiscus

Le boogie-woogie et la chauve-souris : coucou n° 104 du 19 juillet 2010

par Carole Braéckman

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En période d’intense maturation, pour certain(e)s, c’est le sommeil profond ! En apparence, rien ! et pourtant ! Les rechutes font parties de l’inéluctable chemin vers l’avant !

Coucou vous !
Vous allez bien ?

Je suis partie faire une retraite de 13 jours dans un monastère. Je vous tairai lequel par charité.
Je n’étais, en effet, pas en phase avec la personne qui dirigeait l’accueil des retraitant(e)s, et qui a fort mal pris mon absence à l’office du soir.
Or moi, prise d’une léthargie de transformation -je vous explique plus bas ce que j’entends par là- je dormais toute la journée, alors le soir !! vous pensez bien !
Je me suis dit que la retraite, en solitude avec moi-même m’assommait littéralement !! et cela m’a bien fait rire ! j’ai découvert que j’étais assommante à moi-même !!
Ceci étant, quand j’ai vu que mon absence allait créer un véritable incident diplomatique, j’ai fini par assister à l’office du soir.
Mais, j’étais tellement contrariée d’entendre chanter un Dieu irascible, un Dieu vengeur, jaloux, susceptible, et d’être obligée, en pleine somnolence, de me lever et m’asseoir au rythme du rite, qu’en rentrant dans le noir, jusqu’à ma cellule, je twistais dans les couloirs déserts du cloître, ou bien j’entamais un boogie-woogie ! tout à fait irrespectueux ! Oui, après la prière du soir !! Mon Dieu à moi aime ses enfants vivants et dansants ! Et, bénédiction !, tous les soirs à la porte de ma cellule, m’attendait une luciole !
Pendant tout ce temps-là, le démon de la désobéissance ou un de ses congénères m’a sérieusement visitée !!
J’étais hostile à la dirigeante, ne comprenant pas comment elle pouvait être aussi psychorigide ! Je me suis beaucoup débattue avec le sentiment de ne pas être comprise, pas respectée, le fait aussi d’avoir raison et d’être victime d’une injustice !!
Je suis assez âgée, tout de même, pour avoir saisi, dès notre première conversation, que, de son point de vue, elle aussi, avait raison ! Mais...
Bref, entre deux phases de sommeil, je m’employais à cesser de remâcher mon agacement. Et quand je croisais le regard sombre et fermé de ma protagoniste, je m’efforçais de ne pas entrer en résonance avec sa colère. Et de lui envoyer des pensées d’apaisement. J’étais effarée de voir que je savais encore entrer dans une telle ronde de ruminations ! et il m’a fallu du temps pour cesser là. Bon ! une rechute qui a revisité les vieux fonds de cuve ! pour mieux nettoyer !

Je vous narre cet épisode pour plusieurs raisons :
d’abord il souligne que même si on a avancé sur le chemin de la quiétude, on n’est pas à l’abri d’une rechute. Au plus on prend cette dernière avec flegme, au plus vite, elle disparaît. Car évidemment, les péripéties précédentes ne sont pas passées aux oubliettes ! et leur souvenir collabore en profondeur à abréger la crise du moment !
Ensuite, il pointe aussi qu’on peut obéir et rester libre ! Bien sûr, j’ai assisté aux Vigiles, et en apparence, j’ai plié, mais dans ma tête, je ne me sentais pas avoir obtempéré. J’avais simplement choisi la meilleure option, compte tenu des circonstances. Et je continue à penser que j’étais plus libre que ma commandante, entravée par ses règles austères.

Et puis aussi, je vous raconte que mes maturations profondes, hormis cette chamaille, se passent dans le sommeil ! Ce n’est pas la première fois de ma vie, que je grandis en dormant !
A plusieurs reprises déjà, des phases de transition importantes se sont marquées par un endormissement profond ! J’ai coutume de dire que je suis tellement active, que, pour se faire entendre, ma sagesse intérieure m’éteint (on coupe le circuit central !) et me parle dans le secret de mon âme.
Je me souviens, par exemple, de la préparation de mon premier atelier 2 de Feng Shui. J’en avais tracé les grandes lignes, mais avais encore deux bonnes journées de travail pour le finaliser au point où j’aurais aimé le voir abouti. J’avais dégagé dans mon emploi du temps, lesdites deux journées. Las ! le moment dédié au travail arrivé, je fus terrassée par la fatigue ! impossible de travailler, les livres et crayons me tombaient des mains ! Je dormis comme jamais ! toute la sainte journée. Or, je ne sais ce qui se passa dans le sommeil, mais l’atelier fut une très grande réussite. Et je fus toute inspirée !
Depuis lors, toutes les grandes phases de transformation, les grandes secousses de l’être furent marquées par le sommeil. Avant, je ne sais. Peut-être que je serrais les dents et refusais farouchement la somnolence. Allez savoir !!
Bref, tout ceci pour vous conseiller vivement de vous laisser aller à une apparence de non-action. Peut-être avez-vous l’impression qu’il ne se passe rien dans votre vie, rien de concret, vous ne prenez aucune décision, vous êtes dans le flou, rien ne semble avancer. Patience… Laisser vous faire… Plus que probablement, ça mûrit à l’intérieur. Et lorsque vous serez prêt(e), la marche à suivre va jaillir. Je vous concède que ce ne sont pas toujours des moments faciles à vivre ! L’impression dominante est l’absence totale de maîtrise !!! tout stagne ou... pire tout semble catastrophique… Cela ne saurait durer ! Accueillez sans vous rebiffer ces moments de stase (avec ou sans sommeil !). Vous verrez que cela peu aussi susciter une grande joie ! La joie de s’abandonner à la vie !... qui ne demande qu’à vous faire danser !! Et sachez qu’au plus vite, vous acceptez ces phases, au plus vite, elles débouchent vers un mieux !
A ce propos, acceptez aussi les rêvasseries de vos enfants, de vos jeunes. Qui sait s’ils/si elles ne sont pas entrain de maturer une profonde transformation.

J’ai raconté, il y a peu, une histoire parfaitement agaçante, je vous l’accorde. Je la tiens d’Henri Brunel, dans son recueil Le Moustique :
Sur la route d’Eo, le maître et le novice sont en chemin.
Ils marchent, crâne rasé, sandales aux pieds, le bâton à la main :
« Maître, demande le novice, combien de temps faut-il avant de connaître l’Éveil, de parvenir à l’Illumination ? »
Le maître sourit sans répondre, le disciple insiste :
– Maître, me faudra-t-il des années ?
– Oui, Toshiba, dix années, vingt peut-être…
Ils marchent silencieux. La route est déserte, la brume se lève, c’est l’automne.
– Maître, demande encore le disciple, et pour celui qui est très pressé ?
– Pour celui-là, dit le maître en riant, il faudra au moins trente ou quarante ans !

Il m’est arrivé une autre aventure durant mon séjour monastique ! Une nuit, une chauve souris est entrée dans ma chambre. Or, je suis effrayée par les chauves-souris ! J’ai allumé la lumière pour la localiser. Bouh ! qu’elle était moche !! Quand je pense qu’elle doit sembler ravissante à Maman Chauve-Souris !! J’étais dans mon alcôve, pelotonnée dans mon lit, et je l’ai entendue battre des ailes. Comme si elle faisait sa gymnastique. Je lui ai parlé, l’ai imaginée encore plus terrifiée que moi : Sauve-toi, chauve-souris. Arrête d’essayer de m’intimider avec tes échauffements de sportive, comme un catcheur avant l’attaque. Inutile. Car je suis déjà épouvantée !! Sauve-toi !
Je ne sais plus comment je m’en suis sortie ! Je ne l’ai pas touchée, ça non ! mais après avoir voleté une ou deux fois dans toute la chambre, elle a fini par sortir. Cela lui a bien pris quelques heures !!!
Quant à moi, j’ai révisé très concrètement comment lâcher une peur ! on détend les tensions du bas du dos, on se focalise sur la respiration pour la laisser s’apaiser, on refuse d’entendre la voix idiote dans sa tête qui prétend que la petite bête peut manger la grosse !...
Et, si je n’ai pas fait amie-amie avec la chauve-souris, je ne suis plus paniquée comme avant lorsque j’en croise une ! Vérification dans les huit jours qui ont suivi, lors de la visite d’un caveau !!

Je vous souhaite une très belle journée soleil !
Carole.

© Carole Braéckman – www.lhibiscus.fr – juillet 2010



Si vous êtes intéressé(e) par la thématique des rechutes, allez donc lire, comment j’ai, brutalement, retrouvé ma phobie des ponts !
Et puis, pas de découragement, n’oubliez pas que nous avançons en dansant ! Trois pas en avant, trois pas en arrière !

Et aussi, toute la transversale : Crises, rechutes, temps morts !








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