L’hibiscus

La culpabilité, cette empoisonneuse

par Carole Braéckman

Version imprimable de cet article Version imprimable     envoyer l'article par mail Envoyer par mail

"Oui, mais si j’avais fait, si j’avais dit..."
Coupables, nous nous sentons toujours coupables... Coupables d’avoir fait ci, d’avoir fait ça... Coupables d’avoir dit ci, d’avoir dit ça... Coupables de ne pas avoir fait ci, pas avoir dit ça...

La culpabilité nous empoisonne la vie. Or, elle est toute mentale.
Nous pouvons donc intervenir. Ouf !

Nous sommes forcément coupables.Dans les grandes affaires de notre vie, ou dans d’infimes détails, Cf l’histoire des tables dressées dans un buffet de gare, nous réagissons souvent comme des coupables.
Cela provient probablement de notre enfance où nous étions acharné(e)s – tout du moins au début (sourire) – à plaire à nos adultes… et nous sentions responsables de leurs humeurs.


La culpabilité ne sert à rien ! sinon nous assombrir
Voilà bien une émotion qui ne sert à rien. Que nous prenions en compte notre responsabilité dans chaque acte, même les plus infimes, je suis la première à vous y inciter. Et je valide et applaudis chaleureusement au scooter d’Eric Edelmann…
Que nous tâchions d’en tirer leçon pour mieux nous comporter, oui. Que nous fassions amende honorable, voire pénitence et réparation, si cela est juste, oui, mais au-delà, c’est du gâchis.
Et nous devons résolument renoncer à cultiver la culpabilité. Elle nous retient dans le passé et ne permet aucun progrès.
Si vous ressassez, par exemple, tous les rendez-vous ratés de votre vie, toutes les bifurcations négligées qui auraient pu, si vous l’aviez osé, vous bâtir une vie différente, vous portez votre énergie sur hier, et négligez tous les choix du jour ! Dommage, non ?!


Nous avons fait au mieux
Croire que nous aurions pu ou dû faire autrement, est illusoire. C’est ne pas tenir compte de qui nous étions à ce moment-là.
Évidemment avec la maturité acquise (entre autres à travers cette épreuve vécue douloureusement), nous pouvons juger des actions ou des mots qu’il eût été merveilleux de placer dans les circonstances. Mais c’est nier nos fragilités, nos petits caractères…
Admettons que nous n’étions pas parfait(e)s à l’époque des faits, et tâchons, sinon de le devenir – rêve chimérique et un tant soit peu enfantin (sourire) – du moins de nous amender…

Une petite question : et si cette émotion de culpabilité nous permettait d’en masquer une autre ? Le chagrin dévastateur en cas de deuil par exemple ? Ou la monstrueuse colère devant un gâchis ?


Ce n’est pas tenir compte des autres acteurs/trices, de la vie, elle-même
Penser que nous aurions pu changer le cours de la vie, en nous comportant différemment est chimérique. Car c’est nous croire seul(e)s acteurs/trices du monde.
Or il y a les autres, et nous n’avons aucun pouvoir sur eux/elles ! Oui, je sais, c’est agaçant ! et je suis la première à le regretter (sourire) mais c’est une réalité. Il nous faut renoncer à ce sentiment de toute-puissance, reste de notre enfance qui s’attarde trop souvent dans notre vie d’adulte...
Un exemple : je connais un enseignant bourrelé de remords parce que ses élèves ont échoué à un concours auquel il les avait infatigablement préparé(e)s. Il aurait dû faire comme ci, leur apprendre comme ça, etc.
Ah ben, oui, mais c’est croire que s’il avait procédé différemment, le sujet aurait été autre ? Les jeunes n’auraient pas perdu leur moyen par soudaine timidité ? Ou pas bamboché la veille ? Ou les concurrent(e)s auraient été moins brillant(e)s… Tant et tant de paramètres qui ne dépendaient pas de lui !
Ah la la ! A la fois, nous devons être impeccable dans ce qui dépend de nous, et en même temps, il est de très nombreuses choses qui nous échappent : la volonté de l’autre, par exemple... Et la vie ! La vie, elle-même et ses frasques inattendues…
Croire que votre aimé(e) ne serait pas tombé(e) malade si vous aviez su le/la convaincre de consulter un(e) spécialiste, ce n’est pas tenir compte de la vie même (et de la maladie…), et aussi, le sentez-vous, c’est retirer à votre aimé(e) sa place de responsable de sa vie. Comme s’il/si elle devenait un objet de vos décisions et non, un sujet pensant et décisionnaire, l’acteur/trice de sa propre vie, quoi !

Pour reprendre l’exemple de l’accompagnement de nos proches, et le très légitime désir qu’ils/elles ont d’être entendu(e)s, j’en connais d’entre vous qui ont blêmi à me lire, car leur vieux père est décédé par exemple, sans que le moindre authentique dialogue ait pu être noué, ou encore leur vieil adulte est encore là, mais leur coeur défaille à la simple idée de s’entretenir intimement avec lui.
Alors, surtout pas de blâme ! Si vous cultivez la culpabilité de ne pas y arriver, vous vous déforcez très sérieusement. Le sentiment de mal faire, de ne pas être à la hauteur, la comparaison avec d’autres qui, eux/elles, y parviennent… tout cela est dans votre tête. Et… vous enlève le peu d’allant que vous pourriez avoir.
Admettez-le : C’est comme cela pour le moment.
Votre relation, vous l’avez construite à deux, et si le parler sincère n’en a jamais fait partie, vous n’en êtes évidemment pas seul(e) responsable, loin de là. Et il est indéniable que vous partez dans un terrain un peu vague...

J’insiste néanmoins pour que vous tentiez le coup, que vous preniez votre courage à bras-le-corps... parce que VOUS avez tout à y gagner : devenir enfin adulte (oui, parfois, on le devient bien tard, j’en conviens !)…
Maintenant, ne vous faites pas violence ! Non, hein ?! Envisagez de franchir vos lignes… quand vous serez prêt(e)…
Et si cela vous est toujours impossible ou si votre vieille personne/votre malade décède avant que vous ayez pu vous exprimer, le/la laisser se confier... pardonnez-vous. Inutile de ruminer. Vous avez fait du mieux que vous pouviez, êtes resté(e) débordé(e) par vos émotions, ça arrive aux meilleur(e)s…
Vous pouvez parler au portrait de la personne disparue, ou lui écrire une lettre. Cela va vous faire un bien fou ! Et c’est toujours ça ! Roulent, sans doute, les larmes. Même pas grave, vous en avez besoin,vous lavez vos vieilles pudeurs, vous rincez votre âme en quelque sorte de tout ce fatras humain…


Faire taire cette culpabilité et renaître
Tout ce qui relève de la pensée, nous avons le pouvoir de le changer. Eh oui ! ça, c’est une excellente information, n’est-ce pas ?! Nous pouvons faire taire le mental. Si si !
Je ne vous cache pas que de grandes avancées sont alors attendues ! Car notre monde est teinté du regard que nous lui portons, notre pensée a une force créatrice.
Oui, vous pouvez cesser de vous culpabiliser ! Et ce temps libéré, cette énergie ainsi dégagée, les mettre au service de votre vraie vie.
Je vous ai déjà narré la lecture calamiteuse et empreinte de culpabilité que donnait une jeune femme de sa vie, et comment j’ai pu l’en décharger en y posant un regard bienveillant et positif !



Car vraiment ! la culpabilité ne sert à rien, si ce n’est vous ôter l’allant du coeur, pour progresser dans votre vraie vie, celle de maintenant tout de suite !
Un pas à la fois...

© Carole Braéckman - www.lhibiscus.fr – avril 2017

Mon livre Elevons-nous : de l’enfance a déjà dénoué de très nombreux parents. On se sent si vite coupable lorsqu’on est parent ! n’est-ce pas ?
Et, bien sûr, pour aller plus loin sur le sujet, je vous recommande mon dernier ouvrage, (Renoncer à) Pardonner où le sujet de la culpabilité est amplement développé !








(Renoncer à) Pardonner
Chemin de libération


Pardonnez ou non ! mais délivrez vous de ces poids qui vous entravent !
Un livre de consolation. Pour vous...

 

Vivre votre vraie vie : Manuel de route vers votre joie

Votre vraie vie n’attend que vous.
Ce livre a changé déjà bien des vies.
Les chercheurs/chercheuses d’authenticité ont trouvé LEUR manuel.