L’hibiscus

La colère d’amour !

par Carole Braéckman

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La colère d’amour est une colère entièrement soucieuse de l’autre, notre aimé(e).
Contrairement aux autres colères, assez égocentriques. C’est une colère en cela très aimante.

La colère d’amour !
Il est une colère que je distingue des autres colères, dont j’ai abondamment causé sur ce site. En général, la colère est liée à notre petit nous : nous craignons ou sommes chagrin(e) du peu de considération qu’on nous accorde, des jugements erronés nous concernant, des injustices subies… etc.

Mais il est une colère, tout pétrie d’amour envers l’autre, une colère d’amour.
C’est la colère de qui voit un(e) très aimé(e) se tromper de route, prendre des mauvaises décisions, ou ne pas en prendre alors qu’elles s’imposeraient ! ne pas se respecter, ou ne pas respecter sa lumière intérieure, son étoile !
Des exemples : une mère qui se révolte de voir sa fille régulièrement battue par son "amoureux". Et qui va se mettre en colère contre elle, alors que cette dernière est déjà bien bas ! La colère de la mère s’origine dans l’épouvantable chagrin qu’elle ressent à voir sa fille s’enferrer dans cette vilaine relation !
Ou un homme qui tempête sur sa femme qui diminue et renonce à lutter contre la maladie.
Un(e) ami(e) qui en rejette un(e) autre parce qu’il/elle le/la sent s’enfoncer dans l’alcool ou dans la paresse. Ou dans des rancoeurs, des renoncements/rapetissements ou des magouilles peu glorieuses, etc.

Derrière ces colères, comme derrière pratiquement toutes les colères, se dissimulent une peur profonde, un chagrin insondable.
Si vous sentez que votre colère a quoi que ce soit à voir avec cette colère d’amour, je vous en prie, admettez que votre irritation, ou votre fureur, vous escamote le sentiment source : la peur et surtout le chagrin ! l’infinie tristesse de voir quelqu’un(e) diminuer ou s’égarer.
Et vous allez constater que votre colère se déballonne comme baudruche piquée à l’aiguille de la vérité. Et ne pourrez plus vous emporter contre un(e) aimé(e) qui s’égare, certes - en êtes-vous bien certain(e), cependant ? – mais qui a besoin de tout en ce moment, sauf de votre colère !

Je voudrais insinuer le doute, dans votre esprit. Oui, vous avez raison, votre proche semble en train de se perdre, mais êtes-vous bien certain(e) que ce ne soit pas le choix de son être intérieur pour grandir ? Certain(e)s jeunes font le détour par des comportements à risque, certain(e)s adultes aussi, mais si ce n’était qu’un détour ? Si, au lieu d’une belle ligne droite, celle dont vous rêvez indéniablement pour eux/elles, leur trajectoire à eux/elles participe de l’art du zigzag ? Si leur âme cherchait la complication apparente pour se frotter, se polir ? qu’en savons-nous ?
Je connais finalement beaucoup de personnes qui ont, comme besoin, de descendre au fond du gouffre, de se manger le mur (sic) pour rebondir avec une nouvelle détermination de vie. Il m’est déjà arrivé de dire à quelqu’un qui ne se respectait pas : Un jour, tu en auras marre de toi, et tu changeras. Tu dois visiblement aller encore plus loin dans le non-respect pour saisir l’étincelle de vie.
Rappelez-vous qu’il est de très émouvantes histoires de vie, qui ont emprunté bien des tours et des ratours, pour filer vers un accomplissement étonnant, déployant une humanité saisissante et touchante.
Qui sommes-nous pour juger ? Il est assez difficile de saisir d’emblée l’issue d’une route inconnue. Seul(e) celui ou celle qui l’emprunte en a peut-être une vague idée. Et quoi qu’il en soit, les choix de vie d’une autre personne, lui appartiennent. Définitivement. Vous insurger n’est pas un comportement à retenir. Cette personne, surtout si elle s’égare vraiment, a essentiellement besoin de votre confiance, de votre amour. Imaginons un jeune en prison ; il recevra comme un rejet de vous savoir en colère contre lui. Alors que s’il vous sait, triste au-delà, mais confiant(e) dans ses capacités de rebondir, vous pouvez être un appui incroyable pour lui. Il en est de même pour tous les enfermements autres, enfermements dans des comportements à risque, dans des renoncements…

Le plus remarquable est qu’évidemment, parler de la tristesse que vous éprouvez à votre proche sera beaucoup plus efficace, que de lui exprimer votre colère ! Il est possible qu’il/elle entende la première, alors qu’il/elle restera vraisemblablement totalement imperméable au discours tenu dans l’énergie de la seconde.
Pensez-y !
Oser dire à la personne aimée qu’on a peur pour elle, qu’on est submergé(e) par le chagrin, c’est avouer son amour, c’est l’exprimer à plein ! Oui, sans doute, pour certain(e)s d’entre vous, cela peut sembler difficile... Mais franchissez le pas. C’est le plus beau gage d’amour que vous puissiez donner à votre aimé(e), celui qui, peut-être, vaincra ses propres résistances...
Je vous le souhaite. De tout coeur.



© Carole Braéckman - www.lhibiscus.fr – janvier 2012








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