L’hibiscus

Eclosions + hortensias + une formidable graine de vie : coucou n° 98 du 19 avril 2010

par Carole Braéckman

Version imprimable de cet article Version imprimable     envoyer l'article par mail Envoyer par mail

La vie est une force extraordinaire. Même si vous avez été malmené(e), cette force est là, intacte ! Le savoir est ravigotant !

Bonsoir
... ou peut-être bonjour !

Durant de petits congés que je me suis octroyés -avec délices !-, j’ai eu la surprise d’assister à une éclosion du printemps. Je le croyais installé partout en France. Et bien non ! Le Morvan était tout gris, encore dans ses teintes hivernales, tout froid. Venant du Nord de France, déjà exubérant de printemps, cela paraissait drôle, et puis soudain, une pluie, une ondée, une rinçade (dans l’ordre !), un petit arrosage (!) généreux de soleil, et voilà la nature qui chante ses alléluias sur tous les tons !! Sur deux trois jours de temps, poum ! une profusion débordante de bourgeons, de fleurs, une opulence de couleurs et de senteurs !...

Moi, la nature et ses folies, ses débordements, m’émeuvent, me ravissent même. Bon, je ne vous apprends rien !
Parfois, je pense à cette personne, en pleine détresse, à qui je parlais de s’accrocher à la vie autour d’elle. Ce jour-là, j’étais en émerveillement devant les chants d’oiseaux. "Au plus fort des désastres d’une vie humaine, la nature et toujours là, les oiseaux persévèrent inlassablement dans leurs trilles !" Et elle m’a rétorqué, avec une pointe d’ironie complice dans les yeux : "Parlons-en ! ils m’agacent !!". Me clouant le bec !! Et toc !
Alors parfois quand je m’enthousiasme sur des bourgeons-ci, des cuis-cuis là, je me dis qu’il en est peut-être parmi vous qui aimeraient bien, aussi, m’imposer silence !! Jusqu’alors, personne ne s’est manifesté !! Mais vous comprendrez pourquoi j’ai beaucoup ri à lire Nancy Huston dans l’ouverture de son roman Instruments des ténèbres.
Je vous copie :
"Fin de l’été. Je note cela. Mais ajoute aussitôt : la nature, je m’en fous éperdument, je n’ai jamais collectionné de feuilles, même pas enfant, même pas de cailloux - qu’on se trouve au printemps ou en automne ou en hiver m’est parfaitement égal, le miracle de la vie ne me touche pas, la vie qui bourgeonne, évolue, explose et change, les boutons de fleur qui enflent et éclosent, ces choses me laissent froide (alors que je ne suis pas une femme froide, pas frigide, non, loin de là). J’ai toujours eu du mal à comprendre que les gens aiment faire du jardinage, qu’ils trouvent passionnant de se raconter que leurs tomates poussent, ou de s’exclamer sur les fleurs, les fleurs, chaque année les mêmes... Les hortensias, par exemple.
Les hortensias, ces grosses houppes vulgaires en couleurs pastel, figurent tout en haut du palmarès de ma haine. Les gens qui s’extasient devant les hortensias viennent juste après.

[...]
Tout de même, je suis polie. Quand les femmes du voisinage me montrent en soupirant fièrement leurs nuages bleus et roses d’hortensias, je ne les gifle pas."
Ouf ! et rire de plus belle !!



Pour rester dans le domaine de la nature, il est une image que j’aime bien employer devant des personnes bousculées par (leurs débuts dans) la vie. Celle de la graine. Ne me demandez pas à qui je l’emprunte, je n’en ai nul souvenir !
Or donc, une graine possède une formidable force de vie ! pensez ! elle soulève la terre, elle se fraie un passage pour donner naissance à la plante, en elle contenue. Que cette minuscule chose donne éventuellement un chêne est déjà prodigieux !
Mais le plus extraordinaire, est que cette force de vie est là, quel que soit le terrain ! fertile, propice... ou un peu plus sec... voire carrément aride et hostile, la force de vie reste la même !! la même !!
Sachez-le vous qui avez été, ou êtes, malmené(e)s par la vie. Votre force de vie est identique à celle de personnes ayant eu la chance de naître en terreau fécond ! Elle est là. Toujours. Parfois, elle n’a pas flanché ! parfois, c’est la colère qui l’a maintenue vivante !
Parfois, las ! elle est affaiblie.
Mais si vous vous connectez à cette formidable envie de vivre, de vous élancer, de vous déployer, il est tout à fait possible de recommencer là où vous aviez vacillé !
Oui, vous avez plus de travail que d’autres. Il convient de nourrir la terre stérile, de lui donner fortifiants et engrais... (et quelquefois de vous déraciner pour aller grandir et vous épanouir ailleurs...) Là où d’autres, les bienheureux/heureuses, n’ont qu’à croître sans effort.
Pour autant, peut-être que, plus que d’autres, vous prendrez conscience de cette fougue extraordinaire de vie ! et cette intensité vous portera à travers tous les écueils...

Ou autrement exprimé par Sénèque : Seul l’arbre qui a subi les assauts du vent est vraiment vigoureux, car c’est dans cette lutte que ses racines, mises à l’épreuve, se fortifient.
Bon, vous vous doutez bien que la nature n’a aucune idée de comparaison/compétition ! elle pousse de toutes ses forces. C’est tout ! et... c’est colossal !!!
Pour vous remettre en tête cette simplicité de la nature, je vous convie à (re)lire le conte du jardin du roi.



Bien, je retourne à mon tout aussi colossal retard dans les réponses à mon courrier.
A tout bientôt pour de nouvelles aventures !
Carole.

© Carole Braéckman – www.lhibiscus.fr – avril 2010








(Renoncer à) Pardonner
Chemin de libération


Pardonnez ou non ! mais délivrez vous de ces poids qui vous entravent !
Un livre de consolation. Pour vous...

 

(Renoncer à) Pardonner
Chemin de libération


Pardonnez ou non ! mais délivrez vous de ces poids qui vous entravent !
Un livre de consolation. Pour vous...