L’hibiscus

Craquage : les colères des chancelant(e)s, des fragilisé(e)s, des amoindri(e)s

par Carole Braéckman

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En fin de vie, parfois craquent des vernis. Et des personnes apparemment tranquilles se mettent dans des rages folles, et invectivent leur entourage.
Mais d’où sort cette violence ?!

Il arrive dans le grand âge – mais pas uniquement - que certaines personnes craquent soudainement un joli vernis civilisé et se mettent à vitupérer tous azimuts. Cela peut se produire sous forme de crise passagère : telle fille pourtant très chérie en prend pour son grade dans un flot d’injures ordurières. Ou s’installer dans une durée de récriminations, aigreurs, rouspétances…

Alors surtout surtout si vous êtes ladite fille – et qu’en plus, vous avez scrupule, voire culpabilité, à avoir dû placer votre vieille personne dans un établissement de soins – ne prenez pas les agressions pour vous.

Je ne connais pas grand monde qui grandisse/vieillisse sans avoir ouvert quelques dossiers de "contentieux".

Dès notre petite enfance, nous avons été, dans la grande majorité des cas, élevé(e)s pour être conformes aux attentes de nos adultes, de la société. Et cette conformité a laminé notre vraie nature. Lisez ou relisez mon ouvrage Élevons-nous : de l’enfance qui vous aide à démêler tout cela. Vous verrez que je ne jette la pierre à personne. Je souhaite juste inciter à plus de bienveillance envers nos enfants et de vigilance envers l’enfant blessé en nous.
Car, la plupart du temps, en grandissant, nous avons muselé un(e) enfant rebelle dans nos entrailles.
Puis, la vie a continué de nous cabosser. Des échecs, des disputes, des trahisons, des rejets… nous avons tous et toutes eu notre lot ! Si vous connaissez une personne qui en ait été exemptée, je serais archi-curieuse de faire sa connaissance !! (grand sourire)

Et lorsque nous arrivons au bout de nos forces – avec l’âge ou la maladie - nos masques de politesse se fissurent... ou explosent, laissant apparaître toute la noirceur de nos cloaques…

Je vous écris ce texte avec deux objectifs : ne vous sentez pas destinataire de la violence de vos proches, surtout quand ils/elles sont soudain débordé(e)s.
Et si possible, agissez de tout votre coeur, pour ne pas avoir, vous-même, de vilaines colères incontrôlables...


La colère de vos proches
Il existe tout un hors champ que vous ne connaîtrez jamais, dont vous n’avez, souvent, même pas idée.

De ce hors champ, il est possible d’en consoler vos personnes âgées : "Comme tu as dû souffrir pour garder tant de colère en toi !"
Mais attention de bien vous mettre en position de consolation, et non de plainte. La différence fait... toute la différence ! Votre ton sera très apaisant, et la personne peut se sentir comprise dans sa révolte.

Si vous ne vous sentez pas serein(e), que vous n’arrivez pas à vous défaire du choc d’avoir été agressé(e), d’avoir reçu coups et insultes…. ne cherchez pas à rassurer la personne. Mettez-vous juste à l’abri !
Nous abritons, parfois toute notre vie, un(e) enfant sur le qui-vive, attentif/ve à satisfaire nos adultes et qui est chaviré(e) à la moindre remontrance. Quel que soit notre âge, nous pouvons être dévasté(e) par une flèche acerbe d’un(e) de nos proches. Sans avoir le recul nécessaire pour discerner sa propre désolation. Car, évidemment, si elle/s’il vocifère ainsi, c’est qu’elle/il est en grande souffrance. Et a besoin d’être aidé(e). Mais, en l’occurrence, ce n’est pas à vous de le faire. Mettez-vous juste à l’abri (bis).
Le temps que votre coeur se calme. Et ne vous jugez pas ! Si vous n’y arrivez pas, c’est que vos propres blessures vous submergent. J’ai, personnellement, mis près de dix ans à digérer un jet d’acide reçu d’une proche au seuil de la mort.


De votre côté
Parallèlement, pensez à faire un peu de ménage en vous-même.
Mettez tout en œuvre pour purifier votre coeur afin de faire le clair en lui. Et d’arriver le plus léger /la plus légère possible à la fin de votre existence.
N’hésitez surtout pas à réclamer de l’aide à des professionnel(le)s.
C’est le travail de toute une vie.
Dès notre arrivée sur terre, nous avons reçu la promesse de notre départ ! Personne n’y échappe.
Évidemment, de nos jours, ce n’est pas vraiment sur la mort que notre société met l’accent. Pourtant, nous devrions nous y préparer afin de l’aborder avec le moins de lourdeur, de ténèbres, possibles. Avec un coeur rincé et en paix.
Et puis, et puis ! nous y préparer dès aujourd’hui, induit une nouvelle vie ! Une vie où nous décidons d’avancer en paix. Une vie où nous nous délestons de tous nos vieux fatras, d’un coeur confiant. Juste aujourd’hui, pas de jugement. Juste aujourd’hui, gratitude… etc.


C’est ce que je vous souhaite.
Et ce à quoi, de tout mon être, je m’emploie depuis quelques décennies déjà.
Ben, oui ! Y a du boulot ! (sourire) Mais chaque jour est un nouveau jour ! allégé et plus confiant ! Alors, indéniablement, ça vaut ! Vous ne croyez pas ? (Grand sourire).


Trois textes en écho :
Mes mal-aimé(e)s
Nos zones d’ombre
Nos erreurs de colère


© Carole Braéckman – www.lhibiscus.fr – juin 2021








(Renoncer à) Pardonner
Chemin de libération


Pardonnez ou non ! mais délivrez vous de ces poids qui vous entravent !
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