L’hibiscus

Comment résoudre les conflits avec mes enfants adultes ?

par Carole Braéckman

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En cas de conflit, comment se détacher de nos enfants adultes ? Ou comment apprendre à ne plus leur en vouloir ?

Nombreuses sont les personnes qui m’écrivent, des mères en particulier, pour me relater des conflits avec leur progéniture… et la grande détresse où cela les plonge…
Évidemment, la vraie question est : Comment résoudre les conflits avec mes enfants ?

Je vous donne les grandes lignes de mes réponses. Toutes ne vont pas vous concerner. Prenez juste ce qui fait mouche en vous.

Sachez, en préalable, qu’en tant que thérapeute et écrivain, j’ai entendu de très nombreux récits de vie, recueilli de très nombreux chagrins, consolé tour à tour tou(te)s les protagonistes de ces drames familiaux. Car de la souffrance, il y en a, et de tous côtés.
Vous souffrez en tant que parents, la désolation de vos jeunes est aussi grande que la vôtre.
Alors, oui, certain(e)s jouent les fortiches, les enfantins "même pas mal" peuvent être proférés, mais cela ne tient pas devant un peu de compassion. Chacun(e), au fond de lui, préférerait une relation sereine. Oui, même celles et ceux qui semblent muré(e)s et prétendent le contraire. Surtout celles et ceux-là.

Ne perdez jamais espoir. Le chemin de la réconciliation peut être très long, mais il est toujours possible. Croyez-le pour avancer. Même après des décennies de silence et bouderie, d’acrimonie et rejet... un rapprochement est réalisable.


[Pour parler de vos enfants, quel que soit leur âge, je dirai volontiers, vos jeunes, étant entendu que lesdit(e)s jeunes peuvent avoir l’âge de la retraite !]
Ce texte est écrit à l’intention des parents mais il peut éclairer des jeunes sur ce qui se tricote en eux/elles et chez leurs parents. N’hésitez donc pas à le transmettre.

Changez de regard

Dans un premier temps, je vous convie à changer de regard, sur la relation, sur votre jeune, et ce qui l’anime...
et pour commencer sur les relations affectives, en général.



Soif d’absolu
Oui, on vous a fait croire que l’amour était sans nuage, mais les relations saines passent par des désaccords. Cessez de croire qu’elles doivent être linéaires - c’est une vision tout à fait erronée. Elles font du yoyo et c’est normal, surtout quand elles sont mal embringuées.

De plus, nous sommes tous et toutes en interrelation : et les émotions se communiquent de l’un(e) à l’autre, surtout entre proches et il est difficile de rester calme et détendu(e) quand une personne de votre entourage est en colère. Vous entrez immanquablement en résonance, et vice-versa.
Quel fouillis ! que ces relations ! Nous sommes loin de la vision lisse et sereine !
Alors lâchez votre soif d’absolu. Elle vous freine... et vous dessert.

Et puis, abandonnez également l’illusion que vous auriez une quelconque prérogative sur la vie de votre jeune.

Vos enfants ne sont pas vos enfants
Vous avez pu le croire durant toute leur enfance, à cause de leur dépendance affective et matérielle. Mais passé un certain âge, votre sollicitude a sans doute dépassé les bornes, et est devenue prise de contrôle sur vos jeunes adultes.
Vos enfants ne sont pas vos enfants dit Khalil Gibran.
Dans le meilleur des cas, vous le réalisez tout(e) seul(e), ou vos jeunes vous en informent avec gentillesse mais fermeté, mais parfois, cela ne se passe pas ainsi….
Et vous voilà ébahi(e) du rejet, parfois véhément, que manifestent vos jeunes. Un peu comme les patrons paternalistes du XIXè siècle qui s’effaraient de la rogne de leurs ouvriers/ouvrières pourtant chouchouté(e)s avec bienveillance : fourniture de logement, prise en charge des soins… mais... liberté de penser quasi nulle…
Après tout ce que j’ai fait pour eux/elles ! Ah vous connaissez cette phrase ?! Tiens tiens ! En fait, tous les parents rabroué(e)s l’ont un jour prononcée ou si fortement pensée ! Car être parent, bien sûr, c’est - personne ne vous contredira - faire des sacrifices, en temps, en argent, parfois en choix de vie... Et c’est tellement naturel que, en général, on le fait de bon coeur... Mais cela peut aussi susciter un peu d’aigreur. Et ressortir à des moments où ça frotte... Il ne faudrait jamais mettre sa vie de côté pour être parent.
D’autant plus que votre jeune est désormais occupé(e) à sa propre vie. Et que vous êtes invité(e) à - voire sommé(e) de - reprendre votre indépendance !

Quittez le centre du monde
Peut-être votre fils/fille est-il/elle encore votre unique centre d’intérêt, mais acceptez de ne pas être son seul soleil..
Il/elle ne vous a pas abandonné(e), il/elle a bâti sa belle vie professionnelle, personnelle, amoureuse.… Ses choix de vie ne sont pas ceux que vous auriez espérés, ceux que vous aviez imaginés ?
Ses décisions, la plupart du temps, ne sont pas contre vous, mais pour lui/elle. Elles ne sont basées que sur ce qui, à ses yeux, est important pour lui/elle. Et il/elle est souvent sidéré(e) que cela vous porte ombrage ou même vous fasse réagir.
Alors ses réactions peuvent vous sembler violentes, mais il/elle défend juste ses choix de vie... Mettez-vous en tête que ce ne sont pas de mauvais choix, ce sont SES choix.
D’ailleurs, il/elle n’est pas animé(e) que par la colère...


Ce n’est pas que de la colère
Il arrive fréquemment que derrière la colère se tapisse la peur : Votre jeune n’aime pas vous voir flageoler, et encore moins tomber. Si dans votre propre vie, vous lui paraissez fragile, il est probable qu’il/elle ait peur pour vous. Ou encore de la déception s’il considère que vous perdez le fil de votre vie, vous encroûtant dans une vie blême et résignée... Et c’est cette peur ou ce chagrin qui le/la sort de ses gonds... De la colère ? oui, mais d’amour, ce qui fait une énorme différence...
Combien de personnes, par exemple, se mettent en colère contre leurs parents âgé(e)s juste parce que c’est insupportable de voir ses proches décliner.
Avez-vous toujours été une femme forte/un homme de caractère ? Si vous avez toujours joué les fortiches, votre entourage (dont vos enfants) panique à vous voir vaciller...
Et si vous n’avez pas dévissé votre piédestal, il est probable que vos jeunes aient juste peur d’être englouti(e)s par votre détresse.
Selon moi, tout cela n’est que la preuve de cet amour…

Votre jeune est incontestablement excessif/ve. Mais c’est qu’il/elle ne sait pas comment réagir autrement. (Euh, au passage, dans vos propres réactions, ne sentez-vous pas aussi de la violence ? Dans vos jugements sur sa façon de mener sa vie, par exemple…)
Voyez une preuve de son amour. Vous ne compteriez pas pour elle/lui, elle/il serait moins brutal(e), moins définitif/ve. (Idem pour vos réactions à vous, cela va sans dire (sourire))


Ce n’est pas que de la colère contre vous
Il est, par ailleurs, assez fréquent d’être un excellent punching-ball pour ses enfants.
Et même de "prendre" pour l’autre parent, ressenti(e) comme plus faible. On a du mal, par exemple, à en vouloir à "la victime" d’une séparation, et il est plus facile de passer sa colère contre la personne qui fait voler le couple parental en éclats... celle qui décide de partir. Aux yeux d’un enfant, c’est elle qui fragilise son équilibre, même bancal... L’enfant a du mal à accepter qu’il y ait deux responsables, deux chagrins...
Il est possible aussi, au passage d’un deuil, d’être pris(e) à partie dans la violence du chagrin, et d’essuyer la colère que le/la disparu(e) ne peut recevoir...
Gardez cela à l’esprit quand ça explose.
Vous ne savez pas, vous ne saurez peut-être jamais, quelles sont les racines de sa colère.
L’important est de savoir que la complexité de l’âme humaine peut sans doute atténuer le verdict qui vous concerne...
Prenez la dispute au sérieux, bien sûr, car vous n’êtes probablement pas complètement dédouané(e), il vous reste évidemment votre part de responsabilité mais je souhaite que cette petite pensée desserre un peu l’étau qui étreint parfois votre coeur.
Et ce n’est pas tout...


L’envie de vous plaire
Cela peut vous étonner - et assurément estomaquer, dans un premier temps, l’intéressé(e) - mais votre jeune a sans doute toujours envie de vous plaire. Je rencontre régulièrement des personnes, même âgées, qui ont ce terrible besoin, oui, encore ! d’avoir l’approbation de leurs aîné(e)s...
Pensez que durant toute son enfance, lors ces années dites indélébiles, l’enfant guette - en tremblant peut-être - des marques d’estime, de considération... d’amour de la part de ses adultes. C’est comme une empreinte ou un tic que nous aurions engrangé dans notre enfance. Difficile de s’en défaire. Surtout si on n’en est pas conscient(e).
Les jeunes en rupture peuvent être empoisonné(e)s de ressentir encore ce besoin ! et s’en défendre avec véhémence !
Mais... binez votre propre jardin : scrutez-vous attentivement vous-même. Je ne suis pas certaine que beaucoup d’entre nous en soient totalement dégagé(e)s...
Bon, ce n’est pas épouvantable, c’est. Et en tenir compte peut grandement alléger le fardeau...


Oui, vous êtes responsable. Mais pas coupable
Si votre jeune a tant besoin de reconnaissance, vous y êtes sans doute pour quelque chose...
Oui, vous êtes responsable, en partie, de qui il/elle est devenu(e). Vous ne l’avez pas encouragé à suivre son étoile, vous ne lui avez pas donné confiance en lui/elle, vous n’arrivez pas à le considérer comme un(e) adulte, et voulez toujours diriger sa vie… etc. Vous compléterez la liste, elle est parfois interminable…
Responsable ne veut pas dire coupable ! Vous avez en tant que parent fait du mieux que vous pouviez. Avec le bagage que vous-même aviez reçu de l’étage du dessus. Parfois bien pire que celui dont vous avez tenté d’équiper vos propres enfants. Alors, si procès il y a, il faudrait aussi convoquer toutes les générations antérieures. Vous auriez baigné dans l’amour inconditionnel, on vous aurait appris à gérer vos peurs, à faire confiance en la vie, il y a de très fortes chances pour que vous ayez donné une éducation très différente à votre progéniture, spa ?


Adulte !
Quand des adultes de tous âges viennent se plaindre à moi de leurs parents, je les écoute toujours avec beaucoup d’attention. Je suis bien placée pour savoir qu’il existe, pour le moment, très peu de personnes à pouvoir entendre la colère qu’on éprouve parfois contre ses parents. Elle est considérée comme une colère illicite.
Alors je suis là pour elles/eux, car c’est une réelle souffrance. Je les console.
Mais vient toujours un moment - parfois après plusieurs séances ou courriels - quand le sac est vidé, où je leur dis : Et maintenant ? Que faites-vous de votre vie ? Vous m’avez raconté ce que votre mère/père en a fait durant votre jeunesse, mais désormais, c’est vous qui dirigez, non ?
Curieusement, ces phrases, en leur rendant leur pouvoir, les chahutent dans un premier temps, puis leur donnent une force incroyable. Il ne s’agit plus de se poser en victime mais en acteur/trice !


Prenez soin de vous

Plus que jamais, vous devez vous chouchouter ! Déjà en temps normal, mais là, en cette période de souffrance, cela devient primordial ! Ne minimisez pas votre émotion. Je crois bien que ces chagrins-là sont parmi les plus violents que j’ai rencontrés.
Ne les niez pas, je vous en prie. Vous vous faites du mal. Le mieux serait de pouvoir sortir de cet état de sidération, où vous plongent les algarades, pour aborder l’épouvantable chagrin.

Comment ne pas vous sentir abandonné(e)
Si ce drame vous anéantit trop, si vous vous sentez dévasté(e)... que vous vous sentez abandonné(e), songez qu’il est peut-être temps de lever le voile sur ce chagrin d’être abandonné(e), voire rejeté(e).
Il s’agit peut-être (sans doute !) d’un chagrin qui s’origine dans votre enfance, ou dans votre histoire familiale, et c’est éventuellement l’occasion d’aller en parler à un(e) professionnel(le) ?
Ce serait idéal pour votre relation à vos jeunes et aussi.. et surtout ! pour vous-même !


Chassez la honte
J’en connais beaucoup qui bredouillent en me racontant. Tant de honte à être en mauvais termes avec leur progéniture.
C’est pourtant tellement classique ! Ne vous croyez pas seul(e) au monde avec votre difficulté. C’est vraiment fréquent ! Beaucoup de parents ont honte – aussi. Vous en connaissez donc peu qui s’affirment en froissement avec leur jeune, mais pourtant, c’est souvent que ça pète dans les familles. Ça fait partie de la vie.


Comment faire pour calmer votre côté passionnel ?
Vous savez bien que parfois vos propos vibrent la tragédie...
Or, les passions qui nous habitent ne sont pas du tout inéluctables.
Ce n’est qu’un dérèglement. Vous en parlez à un professionnel de santé ? Homéopathie, médecine chinoise pourraient vous aider.
Et je ne saurais trop vous conseiller toutes les pratiques qui recentrent : méditation, sophrologie, taïchi... J’en propose sur mon site, Mes pratiques mais vous pouvez aussi aller voir ailleurs (sourire). A vous de trouver votre méthode ou vos méthodes.


Le plus important, sans doute, est de ne pas être qu’une mère/un père, mais de développer aussi d’autres facettes : femme/homme, professionnel(le), artiste, ami(e)... etc.
Si vous êtes principalement parent, vous devez être un tantinet étouffant(e) pour votre progéniture, vous ne croyez pas ? Vous imaginez le poids que vous faites porter à vos jeunes, si votre bonheur ne dépend que d’eux/elles ? Si vous êtes pot de colle, la seule réaction saine est de vous fuir, mais oui !


Redressez-vous
Il est plus que probable que vous ayez des excuses à faire à votre jeune, simplement parce que vous êtes son parent. Rappelez-vous que, selon mister Freud, toute éducation est immanquablement ratée.
Pour autant, vous avez aussi droit au respect. Ne laissez personne vous marcher sur la tête !
Celui qui ne veut pas se fâcher est un sage, mais celui qui ne sait pas se fâcher est un sot, assène un dicton chinois.
Si vous êtes malmené(e) physiquement, n’hésitez pas à recadrer. Quitte à aller porter plainte


Ne restez pas seul(e)
Allez prendre conseil d’un(e) thérapeute, d’un(e) psy…
Parlez-en autour de vous. Comme dit, vous allez vite réaliser que vous n’êtes pas unique à être concerné(e), ce qui est paradoxalement, une idée apaisante, n’est-ce pas ?
Et puis de vous savoir aidé(e), va rassurer vos jeunes qui se sentent probablement seul(e)s et... impuissant(e)s face à votre marasme.


Avancez posément



Votre attitude compte beaucoup dans le conflit
Oui, vous êtes bien responsable de votre comportement durant leur jeunesse, - et éventuellement d’une difficulté à les laisser s’envoler - mais pour autant, vous voilà - là, en pleine crise - prêt(e) à bouger pour apaiser la relation, reconquérir leur amour. Vous manifestez au minimum de la bonne volonté, êtes capable de reconnaître vos erreurs d’éducation… J’en conviens, je ne t’ai pas assez dit combien j’étais fier/fière de toi. Mais il n’est peut-être pas trop tard. Peux-tu m’entendre quand je te déclare combien je suis impressionné(e) par ton parcours de vie ? J’avoue que ce n’est pas forcément celui que j’aurais préféré pour toi, mais je suis ému(e) de voir comment tu mènes ta barque, comment tu rebondis… comment tu défends tes choix, oui, ne serait-ce que face à moi ! (sourire)
Votre jeune ne semble pas vous entendre ? Ce n’est pas grave, vous l’avez dit. Vous le redirez à l’occasion.

Ne vous accrochez pas à votre statut de victime.
J’en connais qui me prennent à partie : Vous vous rendez compte ? ! comment je suis traité(e) !
Et de se draper dans leur dignité bafouée.
Alors, vous avez peut-être tendance à vous sentir facilement victime ?
Mais n’oubliez pas : vous êtes aussi acteur/trice !
Au passage, j’espère que votre entourage sait vous consoler sans vous plaindre, et vous faire dérailler autant que de besoin.
Sortez de la plainte. Redressez-vous !

Très fréquemment, dans les échauffourées familiales, les propos échangés sont sordides, les accusations ignobles… Vous avez l’impression d’avaler des couleuvres.
Bon, n’oubliez pas que vos jeunes aussi ! ont cette même impression.
Plus que probablement, vous-même avez proféré des énormités honteuses.
Très souvent, dans ces échanges musclés, chacun(e) fait le tour de ses arriérés ! Tu te rappelles quand tu m’as dit ci ? Te rappelles-tu que tu as osé…
Quel dommage que vous n’ayez pas, l’un(e) comme l’autre, exprimé au fur et à mesure ! Les propos seraient moins vitriolés !
Bon, c’est noté : communiquer au fur et à mesure.
Mais en attendant, ne ressassez pas les méchancetés de votre jeune : ce faisant, vous leur donnez une consistance qu’elles ne possèderaient pas sans votre aide - pesez plutôt l’impact de vos propres paroles.
Et faites amende honorable : excusez-vous.


Vous n’avez pas à juger de leur vie
Vous avez le droit de penser différemment de votre fille/fils, adulte. Mais évitez de la/le juger. Une jeune personne intelligente a un impérieux besoin de se faire "toute seule".
Elle a besoin de prendre son envol ! de respirer en dehors de votre regard.
Exprimez ce que vous pensez, bien sûr. Mais une seule fois, votre jeune vous aura entendu(e). Et n’insistez pas.
Attention à votre ton. Votre âge, votre expérience vous permettent juste d’évaluer les faits depuis votre fenêtre et ne vous donnent pas obligatoirement la vérité : autres temps, autres moeurs, autres acteurs/trices... Soyez prudent(e) et non péremptoire. Et puis, vous savez bien que votre jeune a besoin, de toute façon, de se confronter à sa réalité.
Il serait peut-être mieux, s’il/elle vous fait confiance, de lui demander d’abord d’expliciter son point de vue. Et d’ouvrir grand votre coeur pour tâcher de comprendre pourquoi ce choix d’étude, pourquoi cet amour-là (Mais qu’est-ce qu’elle/il lui trouve ?!!) pourquoi ce comportement… etc. Examinez son monde, ses choix, avec curiosité et bienveillance.

Rappelez-vous cette expression de l’enfance : Moi tout(e) seul(e) ! et retenez vos critiques.
D’ailleurs, si vous considérez attentivement toutes les personnes qui gravitent autour de vous, en connaissez-vous une seule qui accepte sans broncher vos remontrances ou réprimandes ? Non, bien sûr ! Alors pourquoi voudriez-vous que vos jeunes les prennent mieux ? Voire c’est encore pire pour eux/elles car toute leur enfance, ils/elles ont désespérément tenté de vous plaire, comme dit.

Vous avez, évidemment, le droit de ne pas toujours être en accord avec lui/elle. L’erreur serait de devenir béni-oui-oui. Restez authentique. C’est ainsi que vous pourrez évoluer vers une jolie relation. Même si vous désapprouvez ses choix, vous devez néanmoins les valider. Ce n’est pas ce que j’aurais choisi pour toi, mais si c’est cela qui te convient, je m’incline, bien sûr ! C’est bien ainsi que vous feriez avec mes propres options, par exemple, non ? Sans forcément les apprécier, vous chercheriez à les comprendre, sans les dénigrer, n’est-ce pas ?

Attention à ne pas leur coller d’étiquettes : c’est vous qui scellez la gravité d’une attitude ou d’un propos, en enfermant par exemple votre jeune sous un Il/elle est égoïste.Mais non, voyons, votre jeune cherche juste à vivre sa vraie vie !

Petit rappel par rapport à l’argent. Votre jeune n’est pas cupide : en réclamant de l’argent, c’est de l’amour qu’il/elle revendique. Alors si vous le pouvez, ne soyez pas chiche de cet argent. Pour le moment, c’est la seule façon de vous exprimer mutuellement de l’amour.
N’en faites surtout pas un levier. Ne croyez pas que donner de l’argent vous accorde le pouvoir sur votre jeune. Celui-ci/celle-ci vous réclame de l’argent tout comme l’amour : à l’inconditionnel.
Je reviendrai sur cette assimilation argent/amour, qui mériterait plus de développement.

Lâchez vos peurs
Vous manifestez dans votre attitude des peurs, pour la plupart excessives. Ne serait-ce que dans le jugement !
Ces peurs desservent énormément votre jeune. Elle/il a déjà les siennes à gérer. Faites attention à ne pas alourdir sa barque en ajoutant les vôtres.
Il est normal d’avoir des peurs pour les gens qu’on aime, c’est tellement humain, surtout pour nos enfants. Mais inutile de les leur faire porter...
Vous savez que la peur n’évite pas le danger, bien au contraire !
Campez-vous dans votre confiance en lui/elle. Si cette confiance n’existe pas, ce ne doit pas être son affaire, mais la vôtre.
Vous n’y arrivez pas seul(e) ? pas de blâme. C’est l’affaire de toute une vie, et vos peurs dépassent probablement le cadre de votre relation à votre progéniture. Par contre, cette dernière vous offre l’occasion de vous en défaire. Enfin !
Voilà une des plus belles preuves d’amour que vous puissiez lui offrir.

Vous noterez au passage que la façon dont vous prenez à coeur ses piques, dont vous remâchez ses propos, trahit aussi une peur, sans doute la toute première : celle de ne pas être aimé(e). Saisissez l’opportunité qui vous est offerte de visiter cette peur-là. Si vous vous en débarrassez, vous allez gagner formidablement... en dynamisme, confiance, joie, sérénité, bienveillance... Il s’agit d’une clé très précieuse ! un vrai Sésame ! et pas seulement dans votre relation à votre jeune !



Campez-vous dans la confiance
Comme dit, vous n’êtes pas un cas unique. C’est presque du familier que ces traversées douloureuses en famille.
Ne vous effarez pas. Quand votre enfant était petit(e), il y avait parfois des colères épouvantables… Et pourtant, à moins d’être tout particulièrement fragile, vous n’avez jamais douté de son affection pour vous.
Aujourd’hui, votre enfant a grandi, est devenu(e) adulte, et c’est la même chose. Avec des mots, des violences, des flèches - ou des silences - d’adulte, mais c’est la même chose. Oui, ça fait mal, mais ne vous mettez pas dans l’idée que c’est définitif.
Votre attitude de confiance en une issue favorable - même lointaine - peut teinter très positivement les relations.

Focalisez sur le meilleur
Ne pointez pas les défaillances de votre jeune, mais ses réussites.
Évidemment qu’il y en a ! Cherchez encore. Faites-vous aider par votre entourage si besoin.
Cela va orienter votre regard sur ses forces, et alimenter votre confiance... Et la sienne !

Ouvrez votre coeur
Tant pis, si vous vous mettez tout(e) nu(e). Ouvrir son coeur est la seule façon d’atteindre l’autre. Attention, pas dans la jérémiade, ni dans la justification, juste dans la vérité de votre coeur blessé.
Quand tu déclares cela, je me sens anéanti(e). Je ne te dis pas cela pour te culpabiliser, je sais bien que tout comme moi, tu fais du mieux que tu peux. Mais juste pour que tu comprennes que c’est comme si mes neurones disjonctaient, tellement je suis heurté(e). Alors, j’ai besoin de temps pour comprendre ce que tu veux me dire. Pardonne-moi. De ton côté, peut-être peux-tu réfléchir à d’autres formulations afin que je saisisse mieux.
Il est bon de s’ouvrir à notre vulnérabilité et de patiemment changer de point de vue...

N’hésitez pas à visiter bravement les accusations qui vous sont balancées. Peut-être, votre jeune a-t-il un point de vue qui peut vous recentrer sur vous, votre vie et ce que vous en faites...
Prenez votre temps. Vous reviendrez lorsque vous serez prêt(e).

S’exprimer est un apprentissage
Quand votre jeune était petit(e), ce n’est pas en un jour qu’il/elle a su marcher, ou nager, n’est-ce pas ? Et je gage que l’apprentissage du parler authentique n’est pas fini.
Hum, de votre côté non plus d’ailleurs… Rares sont les personnes qui ont appris à exprimer voire simplement reconnaître, leurs sentiments. Les adultes disent exceptionnellement à un(e) enfant : Mais pourquoi es-tu donc en colère ? La plupart du temps, l’enfant est envoyé(e) se calmer. Comment voulez-vous qu’il/elle admette son irritation puisque ses adultes de référence la jugent illicite ! Et en parler ? n’y pensons plus ! Nous sommes tous et toutes des handicapé(e)s émotionnel(le)s, rappelez-vous !
Et, en cas de conflit, des handicapé(e)s émotionnel(le)s qui ont besoin de s’ouvrir à un dialogue jamais pratiqué jusque là !
Cet apprentissage est accessible... à tout âge ! je vous assure. J’ai vu des personnes, de vrais rocs, naître au dialogue, inspirées par la motivation de sortir d’une impasse relationnelle...

La part des autres
Attention à la part que prend chacun(e) dans le conflit. Les frères et sœurs qui s’unissent pour faire front contre le(s) parent(s). Les conjoint(e)s des jeunes qui s’en mêlent…
Je sais bien que c’est dur, mais tâchez de raison garder. Oui, vous êtes en conflit avec votre jeune, ne débordez pas, n’élargissez pas.

J’en vois trop souvent qui rejettent toute responsabilité sur leur belle-fille ou beau-fils. Ne mettez personne dans la ronde. Vous avez une bisbille avec tel(le) de vos enfants, focalisez-vous sur cette relation-là. C’est auprès de lui/elle, et lui/elle seule, que vous devez avancer.
Imaginez la rage où vous mettrait une phrase du genre il/elle est influencé(e). Personnellement, cela me plongerait en grande furibonderie ! Comme si je ne pouvais penser par moi-même. Pas vous ?
Alors oui, la tentation est grande de justifier les changements de votre jeune par ses fréquentations, mais le mieux est de le/la considérer comme responsable de ses choix.
Pesez vos pensées, pesez vos mots...

Évidemment, une famille constitue un écosystème. Quand un élément bouge, tout le système se réadapte autour de la nouvelle configuration. Lorsqu’un(e) jeune est en rébellion, il arrive que son frère ou sa soeur soit tout(e) doux/ce - presque trop ! Une fois la paix revenue, cet(te) enfant peut enfin respirer pour lui/elle, et avoir des "revendications" jamais hasardées. Alors aucune crainte à avoir, ne serait-ce que parce que les premiers affrontements vous auront transformé(e). Vous avez déjà donné, et ne commettrez pas les mêmes erreurs. Ouf !

Renouez le contact, par écrit
L’écrit vous permet de peser vos mots, de ne pas vous laisser gagner par l’émotion de l’autre…
Écrivez plusieurs brouillons, car les premiers jets seront probablement trop dans la plainte… trop pathétiques... faites vous relire afin de gommer toute aspérité.
Ne faites pas de reproche. Ne vous jetez pas non plus de cendre sur la tête - vous également avez fait du mieux que vous pouviez. Tenez-lui un discours meta, avec un bon zoom arrière.
Prenez soin de pratiquer quelques temps de retour au centre, de respiration consciente, avant d’écrire le moindre mot…
Et gardez confiance.

Hum, si c’est votre jeune qui écrit, ne ruminez pas ses mots. Lui/elle n’aura peut-être pas pris le temps de pratiquer une session de yoga avant de s’exprimer, ne se sera sans doute pas fait relire par une personne modérée... N’oubliez pas que vous accrocher à des paroles est le plus sûr moyen de les alourdir d’une tonne ! au moins !

Essayez encore
Ce n’est pas parce que votre foulard blanc n’a pas été reçu une fois, votre tentative de renouer le dialogue a été refusée, que le sujet est définitivement clos. Repartez dans votre recentrage, tâchez d’avancer dans vos propres blessures d’enfant, et ne perdez pas votre objectif de vue : un échec n’est pas la fin d’une histoire...
Si la crise a été grave, il est probable qu’elle ne s’épure pas en un seul round.
Préparez-vous donc à d’éventuels rebonds.
Et à chaque fois, prenez du temps pour vous, pour digérer le dernier accrochage.
Et quand vous serez recentré(e), vous reprendrez contact avec votre jeune.
D’ici là, vous pouvez lui écrire. Alors, comme dit, pas pour passer en revue les dernières piques échangées… Mais juste pour lui dire que vous vous posez, et que vous l’aimez et peut-être aussi... que vous êtes fier/fière.


L’amour toujours

Votre fille/votre fils va vous faire grandir/vous fait grandir (sourire).
Elle/il se doit d’être adulte et autonome. Et c’est en route !
C’est en vous heurtant qu’il/elle entame un processus de dé-fusionnage (sic). Oui, ce n’est ni avec tact ni avec douceur… mais elle/il se débat du mieux possible. Plus on est attaché(e), plus il est dur de se déprendre...
Notez au passage sa force de vie !
Et c’est également important pour vous. Vous vous devez également d’avoir une vie pleine et autonome.

Vous allez vers une relation parent/enfant plus adulte. Et cela va avoir des répercussions dans tout votre domaine relationnel. Oui, quel que soit votre âge.


De l’amour, il y en a
Il convient de garder cette affirmation en filigrane sur votre coeur. Même quand ça tonne ! Surtout quand ça chahute !
Alors, vous avez pris de tels coups, que vous pensez que votre coeur est définitivement fermé. Ça gèle à l’intérieur, et vous avez du mal à parler d’amour… Vous avez également l’impression que la virulence des propos de votre jeune est la preuve d’une froideur définitive. Cela arrive fréquemment.
Ce n’est qu’une anesthésie temporaire de l’amour.
Vous savez bien qu’on n’est jamais si ouvertement et violemment en colère que contre des personnes qu’on aime.
La colère est l’autre revers de la médaille de l’amour !

Vous avez, de part et d’autre, eu de beaux ratés, mais rien JAMAIS n’est irréparable.
Oui, c’est normal d’avoir du mal à y croire. Ouvrez juste votre coeur à cette possibilité : il n’y a rien d’irrémédiable !
Pour autant, ne vous mettez pas en devoir d’aimer qui est juste contre-productif...
Mais accrochez-vous à l’idée que ce désamour puisse être temporaire...


De la belle amour
Vous souvenez-vous ? Quand l’enfant était petit(e), il y a peut-être de cela bien des années (sourire), vous étiez fondu(e) d’amour pour lui/elle. Enfin si tout s’est bien déroulé. Vous avez cru, dans son regard confiant, et énamouré, trouver cet amour dont vous avez une soif inextinguible… Ce même amour dont vous avez, vous-même, été privé(e) finalement trop vite après (ou même dès) votre propre naissance. Ne sommes-nous pas, tous et toutes, toujours en nostalgie de cet amour fusionnel, inconditionnel ?
Oui, vous-même mais aussi votre enfant ! Alors retrouver cet amour - nous en rêvons tous et toutes – même si cela semble assez illusoire, mais il est possible de faire tomber de nombreux freins que nous avons nous-même érigés tout au long des années !

Vous pensez peut-être aimer votre jeune à l’inconditionnel. Et vous êtes parfaitement sincère. Je suis persuadée, hélas, qu’il n’en est rien. Le simple fait d’être parent nous conduit à jalonner le quotidien de nos enfants, de si et de mais, tout au long de leur existence. Même à notre insu.
D’ailleurs en ce moment, ne poseriez-vous pas quelques mais ? Mais il faudrait qu’il/elle arrête de... qu’il/elle commence à...

Qui dit éducation, de nos jours, et en nos contrées, dit forcément coercition. Ne vous récriez pas, ne vous jugez pas, c’est une tendance de notre société qui, heureusement, est en train de progresser vers une éducation plus positive. Voyez sur un simple exemple, celui de leur vitalité : nous leur donnons des injonctions implicites de ne surtout pas être eux/elles : vous est-il arrivé de les féliciter de rentrer tout(e)s cracras ? Ou encore de les complimenter de courir entre les tables au restaurant ? Non, n’est-ce pas ? Nous les aimons, oui, mais pas trop débordant(e)s, tout de même !
Pas de blâme, vous dis-je : nous en sommes toutes et tous là.

Alors, j’en suis certaine - et m’en réjouis - cette rupture va vous pousser à revisiter votre amour, à fouiller dans les recoins de votre être, et cheminer vers l’amour véritable.
Vous serez conduit(e) à aimer respectueusement, la main ouverte : avec tolérance pour l’altérité de l’autre, et considération pour ses différences, que vous finirez même par trouver enrichissantes, qui sait ?
Évidemment, il ne sera plus question de fusion. Mais d’un amour plus adulte. Plus vrai. Plus authentique !


Préservez-vous
Mais avant cela, qui constitue une formidable évolution... il arrive que ce soit terrible...
Si vous êtes face à un mur, et j’écris cela pour tou(te)s les protagonistes de conflits familiaux, tournez les talons. Laissez faire le temps.
Personne ne mérite qu’on lui hurle des horreurs à la tête. J’ai moi-même déjà conseillé à des jeunes de mettre de l’éloignement et du temps avec leurs parents toxiques. Et également à des parents effondré(e)s de prendre distance de leurs enfants trop vindicatif/ves.
Tournez les talons...

Si c’est de vous qu’on s’éloigne, ne vous offusquez pas. C’est une décision difficile à prendre et lourde de tant de culpabilité ! Mais c’est parfois la seule issue. Le temps, le silence, finissent par dépassionner les aigreurs, assainir l’atmosphère, et permettre de bâtir sur un terreau nouveau.
Alors ne perdez pas courage. Voyez plutôt une occasion de continuer votre chemin, lâcher vos peurs, vous ouvrir à vos fragilités...

Reprenez les points de cet article, voyez - oui le temps là aussi peut aider à progresser – si des passages s’éclairent…
Et n’hésitez pas à vous faire aider. Car la blessure est grave. L’enfant en vous a besoin d’être consolé(e). C’est peut-être à cette condition que vous pourrez attendre avec sérénité, que votre jeune ou votre parent bouge.

Espoir gardez
Cela peut vous sembler incroyable, mais le temps m’a toujours donné raison. Oh pas forcément à la vitesse supersonique de la lumière, j’en conviens.
En tant qu’accompagnatrice, j’attends encore un ou deux jeunes récalcitrant(e)s, et quelques parents indigné(e)s ! Mais globalement...

Rappelez-vous que chacun(e) a son propre temps de maturation. Pas d’impatience à avoir. Laissez votre jeune arriver, à son rythme, selon son mode...
Et pratiquez donc Remettre et demander, qui ouvre, sans prise de tête, les portes du possible.



Notez votre ouverture
Le temps que votre jeune/parent arrive... profitez-en pour réaliser à quel point cette fâcherie vous aura affecté(e) et à quel point transformé(e) ! dans toutes vos relations affectives.
Vous constaterez, en effet, que cette enveloppe de mère affamée/père excessif, en vous quittant, va aussi ensoleiller de nombreux autres domaines de votre vie.
Et comme vous aurez saisi à quel point de fragilité vous avez pu arriver lors de cette épreuve, vous aurez sans doute envie de ne laisser personne dans cette confusion, ce désarroi, et de déclamer avec chaleur des "je t’aime" pour rassurer les craintifs/ves de votre entourage.
Vous aurez, je pense, compris qu’être aimé(e) est, non un dû, mais un cadeau que l’autre vous fait. Et aurez envie de recueillir ce don avec de la reconnaissance ! de remercier pour cette chance de recevoir de l’amour !


Félicitez-vous
La première personne à qui vous pourriez manifester ce nouveau déploiement de votre être, cet amour naturel, c’est Vous !
Oui, félicitez-vous d’être à l’initiative de cette démarche de pacification. Ben oui, c’est bien vous qui me lisez, non ?
Votre jeune a de la chance de vous avoir, vous qui vous mettez en chemin, par amour pour lui/elle !

Apprendre à aimer, ce n’est pas rien, non ? C’est le chemin de toute une vie... Et là, résolument, si c’est votre jeune rebelle qui vous y convie ! c’est bien vous qui avez fait le choix de vous y engager !
Gratitude !


© Carole Braéckman – www.lhibiscus.fr – mai 2018



Lisez aussi Les relations conflictuelles entre parents et jeunes, texte plutôt à l’adresse des "jeunes".
Je vous convie aussi à lire l’une des principales raisons des conflits parents-enfants.
Et pourquoi pas mon article sur la culpabilité.

Et aussi et surtout, mon livre Élevons-nous : de l’enfance, qui dans un premier temps va vous accabler de tout ce que vous auriez pu faire pour être un bon parent - vous verrez que c’est encore pire que ce vous imaginiez ! (sourire) - mais aussi et surtout se pencher sur votre propre enfance.
De quoi, vous-même avez-vous manqué enfant pour vous construire droit(e) et solide ?

Une autre lecture qui pourrait vous aider est celle de mon livre (Renoncer à) Pardonner qui a déjà épaulé de très nombreuses personnes, et soutient encore des parents en détresse, qui me disent parfois le lire et relire...








Coucou Vous ! 111 billets d’humeur jolie

Des graines d’humour à suçoter pour laisser la sagesse grandir en nous, presque à notre insu, et redonner au monde des couleurs poétiques et des valeurs humaines.
De petites vitamines épicées :-) à butiner au hasard.

 

Élevons-nous : de l’enfance

Pour les enfants que nous avons été, pour les parents que nous sommes.
Un livre qui vous allège de vos peurs, vous guide vers une éducation respectueuse…