L’hibiscus

Choisir sa vie

par Carole Braéckman

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Choisir sa vie, faire sa vie, ce sont des expressions que l’on entend souvent, mais qu’en est-il réellement ? Est-ce bien nous qui choisissons ? Qui sommes acteurs/actrices de nos vies ?
Parfois à aviser certain(e)s énergumènes, j’en doute ! Énergumènes est dit ici avec tendresse.

Ah ! choisir sa vie !

Vous rappelez-vous le banquet de Clarissa Pinkola Estes ? La vie comme un banquet, où seraient servis de merveilleux plats... J’en connais beaucoup trop qui ne prennent pas le temps de regarder attentivement autour d’eux/elles et qui s’emparent du premier plat venu !

Les errances des « faux choix/des fausses joies »

Prenons l’exemple de la recherche d’un(e) amoureux/se.
Sauter sur la première personne venue n’est pas forcément une bonne idée ! Ne ricanez pas ! j’ai de nombreux exemples ! Ah ! la peur de la solitude ! La sensation d’incomplétude ! Sensation tout à fait inculquée ! je vous le rappelle dans Une femme sans homme...

Une femme va tomber éperdument amoureuse d’un homme, pour ensuite se morfondre de réaliser qu’il est incorrect avec elle, qu’elle n’est pas vraiment épanouie – quand elle ose se l’avouer ! - car, malheureusement, oui, je connais de fausses histoires qui durent !

L’ennui, c’est que son image des hommes va en prendre un coup ! Et induire ses futurs comportements... aïe ! aïe ! aïe ! aggraver son manifeste manque de confiance en elle... Et donc éventuellement altérer le ’choix’ de ses futurs partenaires !

Oui, me dira-t-elle ! Mais tu dis, toujours qu’il faut aller là où on se sent en joie !

C’est exact. Cependant, il y a joie et Joie ! Si votre joie est réelle, et qu’elle n’est pas juste le soulagement d’avoir trouvé quelqu’un(e), et du coup, de vous sentir enfin exister dans le regard de ce(tte) quelqu’un(e), votre sagesse intérieure vous validera.

L’aide de votre boussole

Vous vous racontez souvent des histoires, n’est-ce pas ? et déclarez joie ce qui n’est qu’élan sous-tendu par la peur ! (Ah mes mal-aimé(e)s !) ou par le désir. Une petite consultation préalable de votre boussole intérieure devrait lever toute ambiguïté.

Par exemple, personnellement, j’ai "de la joie" à manger un plein saladier géant de mousse au chocolat, mais ma boussole n’est pas d’accord ! Vous me suivez ?
Or là, je ne parle pas juste d’une éventuelle indigestion ! je vous parle de votre vie ! des chances que vous vous donnez à trouver votre vrai centre, à déployer votre véritable personnalité !

Quand il s’agit de décisions importantes : le choix d’un(e) amoureux/se, d’une carrière, d’une orientation de vie... la simple "joie" ne suffit pas.
Confrontez donc votre élan avec votre sagesse intérieure. Ma foi, si vous avez essuyé quelques fiascos, ou si vous êtes dans l’errance absolue concernant votre vie, cela vaut la peine d’essayer, non ?

Les empêchements à vous trouver

Souvent ce qui vous bloque, ce sont les certitudes de ce que votre vie devrait être. Vous avez une idée précise et ne souffrez pas la contradiction !
Je ne vous jette pas la pierre ! J’ai moi-même tergiversé quelques deux pleines années avant d’accepter mon métier de thérapeute ! Et beaucoup plus longtemps encore avant d’écrire !!
Je vous invite à relire le conte de l’homme qui n’avait pas de chance.

Vous pouvez aussi avoir peur du changement, peur de perdre vos acquis.
Je vous invite à lire un petit texte métaphorique pour y réfléchir : Comment attraper les singes.

Il est également possible que vous soyez complètement effaré(e) par trop d’interférences autour de vous, que ce soit un problème récurrent pour vous, votre hypersensibilité...
Une seule solution : prenez le temps de vous construire un environnement doux et d’exercer quelques pratiques afin de calmer votre confusion.

Vous pouvez aussi être vous-même la source de votre effarement : à force de lutter afin de faire coller votre vie à ce qu’elle devrait être !
Un petit conte pour vous guider vers plus de calme : l’éléphant cherche son œil.

Ce qui peut également vous égarer, c’est le regard des autres. Pour coller à une image, un masque qu’ils/elles attendent de vous, vous êtes capable de vous contorsionner dans une voie qui n’est pas la vôtre !

Imaginez un(e) artiste qui vous dirait : je peins des licornes parce que ça plaît ! Vous penseriez immédiatement qu’il/elle est en train de tarir son inspiration, n’est-ce pas ? Et bien, c’est sensiblement ce que vous faites, lorsque vous faites des études de droit pour rassurer vos parents, ou que vous fréquentez un club de sport pour faire comme vos collègues...
Vous êtes l’artiste de votre vie, et souvent, hélas, vous peignez des licornes, pour être conforme, ne pas déplaire, convaincre de votre légitimité... etc.

Il est possible de pousser plus loin le poids des autres ! Je raconte volontiers comment, des années durant, rebelle à tout diktat, j’ai refusé mon désir d’enfant, dans un pirouettant paradoxe ! C’est que, parfois, à force de ne pas vouloir se laisser enfermer dans un cliché (ici, une femme doit avoir des enfants), on peut systématiser le contre-pied, et s’enfoncer dans un rôle qui n’est pas le nôtre, un désir qui nous est étranger...

Là encore, interroger ses choix de vie, d’activités, de partenaires, se poser, méditer, revenir au centre pour voir se ce qui s’y passe vraiment !


Avant de clore cet article, je voudrais vous éviter de vous égarer dans une inutile perte de temps, d’énergie : pas de regret ! soyez empli(e) d’indulgence pour vos éventuels errements ! Ils vous ont aidé à cheminer, et sans doute aussi à grandir. Sans eux, vous ne seriez pas là, sans eux, vous ne seriez pas vous !
Ne croyez pas qu’il existe de mauvais chemins ! et dites-vous bien que vous avez fait du mieux que vous pouviez

Mais maintenant, c’est à vous ! vous êtes l’artiste de votre vie ! rappelez-vous !
Oui, votre vie ! Choisissez-la toute authentique, toute jolie !



© Carole Braéckman – www.lhibiscus.fr – juillet 15


Peut-être aussi, pouvez-vous éviter d’incriminer les autres ? Vos erreurs de boussole semblent convoquer de "méchantes personnes" qui finalement vous poussent à vous positionner, vous offrent une opportunité de changement, non ?