L’hibiscus

Assumer ses extravagances (bis)

par Carole Braéckman

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L’intuition, la spontanéité, sont des valeurs sûres qui sont trop souvent retenues, comme non conformes à notre société si raisonnable !
Mais notre humanité réside justement dans ces extravagances-là : soyez tout(e) à l’écoute de votre intuition, redonnez des lettres de noblesse à votre spontanéité, laissez jaillir la belle et tendre vie en vous !

Une autre façon de ne pas assumer ses extravagances, une façon triste, triste à pleurer, c’est de se couper de notre spontanéité et intuition, de notre tendresse.

Le coup de ma boulangère
En séance, il m’arrive très souvent de raconter, ce que j’appelle « le coup de ma boulangère ». En fait, c’est monté de toute part, car je n’ai pas de boulangère (j’achète mon pain dans les magasins bio).
Imaginez qu’un matin, en allant acheter votre pain, vous constatiez que votre boulangère a l’air toute tristoune ! votre premier élan serait d’aller poser la main sur son épaule, mais vous vous retenez ! « Que va-t-elle penser ? que vont dire les autres clients ? etc. »
Vous avez tort. Trop tort !
Vous ratez un merveilleux regard de reconnaissance de votre boulangère, un regard triste, empreint de gratitude et profondément humain !
Vous allez repartir avec votre culpabilité, celle de n’avoir pas osé, celle d’avoir laissé un être humain en détresse. Culpabilité que vous allez enfouir sous un monceau d’autres culpabilités du même acabit ! Peut-être même, ne vous rendez-vous plus compte que cela suscite une honte en vous…
Vous n’avez pas joué votre rôle d’humain, et vous avez raison de vous sentir coupable ! A quoi bon être vivant, si ce n’est pas pour être présent(e) aux détresses de nos semblables ?
Vous avez crispé votre merveilleuse machine ! vous avez glissé un grain de sable dans votre subtil mécanisme, et de grain de sable en grain de sable ! vous ne vous ferez plus confiance ; votre ressenti, vos élans, votre spontanéité seront handicapés. Et tout doucettement, votre corps va se ‘disloquer’. On bloque ici, et tout le système est affecté bien sûr !
Une personne en parfaite santé, physique et morale, est une personne qui ne bloque à aucun niveau, une personne qui ose sauter par-dessus tous les comptoirs !

Je pourrais plagier Tahar Ben Jelloun :« Un homme en colère est un homme qui n’a pas su dire non » [oui à son élan ! en l’occurrence !] « et éprouve, en plus, le remords de ne pas l’avoir fait. »

Le banc du chagrin à l’église St Laurent
Il y a peu, je passais devant l’église Saint Laurent à Paris, près de la gare de l’Est. Je suis entrée, ai fait un tour rapide de l’église. Sur un banc, se tenaient deux femmes. Elles occupaient chacune une des extrémités du banc. L’une d’elles pleurait silencieusement.
Je me suis approchée de la pleureuse, et lui ai mis la main sur l’épaule : « Je peux vous aider ? — Oh, m’a-t-elle répondu avec ce pitoyable et bouleversant sourire de reconnaissance, vous savez… les chagrins de la vie… — Avez-vous des mouchoirs, au moins ? » Je lui ai tendu un paquet de mouchoirs en papier, lui ai étreint une fois encore l’épaule, et suis partie « Je vous promets de penser à vous… »
Lorsque je me suis retournée, en quittant l’église, la dame du bout du banc avait glissé vers l’éplorée et la consolait.
C’est contagieux ! Une conduite empreinte d’humanité est contagieuse !
Pensez-y lorsque vous allez entendre votre petit timide intérieur dire : « Oh non ! que vont-ils penser ? »
« Ils » vont être soulagés de pouvoir enfin être humain(e)s, de bondir par-dessus les comptoirs grâce à vous !!

« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles qu’on n’ose pas les faire. C’est parce qu’on n’ose pas les faire qu’elles sont difficiles. » dit Henri Gougaud

Un enfant sait tout ça, qui se laisse encore attendrir, et pleure devant la misère. Nous, nous avons mis tant de protections autour de nous, que nous en oublions d’être humain(e) ! Alors… travaillons notre saut de comptoir ! et naviguons toujours avec des mouchoirs sur nous !! D’ac ?!

© Carole Braéckman – www.lhibiscus.fr – septembre 06








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